[ La mémoire du web ]
“La question de la mémoire (comme celle de l’oubli) est au cœur de l’espace médiatique qui se (re)construit actuellement. C’est la troisième dimension des nouveaux médias, celle qui les fait -peut-être- entrer dans un âge plus adulte, après la question de la distribution (comment circule l’information dans le réseau ?), puis celle du producteur (qui produit l’information et comment se modifie cette production ?).”
Thomas Baumgartner a publié une tribune, que je vous soumet comme base de discussion, sur la question de la “mémoire culturelle” du web.
PS : Thomas est journaliste, et fait partie du pôle web d’Arte donc je suis en charge, et sera à partir du 1er novembre le nouveau chef d’édition du site arte.tv. Il est aussi producteur de “Place de la Toile” sur France culture tous les vendredi.
5 commentaires »
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J’ai l’impression que ce problème n’en n’est pas un.
Ou alors on le pose mal.
La “mémoire du web” n’est pas très différente de celle de autres supports. Quand on cherche un vieux journal, un vieux livre, on va à la bibliothèque ou on commande le journal.
Sur Internet on va sur google et on tape la date, ou on va fouiller directement les archives du site en questio,.
Le problème, c’est que sur Internet on veut TOUT garder. Admettons juste que certaines sites, certaines pages tombent dans l’oubli le plus total, comme une gazette tombe dans l’oubli, un flyer, un programme papier. A mon avis, ce n’est pas un problème de mémoire, de stockage, d’organisation, mais d’admission de l’oubli…
Non ?
Commentaire par Yarqaba — 20/10/2008 @ 5:10
Il y a un vrai problème, deux en fait car mémoire et oubli sont deux notions différentes.
@Yarqaba : le support et la façon de le gérer sont différents, la comparaison avec le papier ne tient pas. Ne serait-ce que parce qu’il existe une vraie contrainte d’archivage imposée par l’obligation de dépôt légal instituée par François 1er, très bien respectée en France, et surtout organisée via les archives nationales et la bibliothèque nationale. Et on garde tout. Ceci n’existe pas sur le web. Il ne faut pas confondre Google et archivage, lorsqu’une page disparaît de la toile, elle disparaît aussi de l’index de Google. Il n’existe qu’une seule entitée (une seule !) sur internet qui s’est donné pour mission d’archiver le web, c’est archive.org et ils sont loin, très loin du compte (ils n’ont pas les moyens, ni de tout ouvrir, ni de durer).
Sur l’oubli, une notion de droit, là Google et consorts font des ravages. A moins de maîtriser toutes les sources de publication et les arcanes de l’indexation des moteurs de recherche, il n’existe pas de droit à l’oubli sur internet.
Commentaire par padawan — 21/10/2008 @ 2:55
Padawan> Archive.org n’est pas seule. Depuis la loi LCEN, la BNF (biblio nationale de France) s’est vue refilée une mission de “dépôt légal des sites internet”. C’est une logique d’archivage différente (et en l’état moins avancée) de celle d’Internet Archive, mais il est faux de dire que rien d’autre n’existe en la matière.
Pour plus d’info (pas le temps en commentaire); un bon point de départ ici :
http://www.bnf.fr/pages/infopro/depotleg/dli_intro.htm
“
Commentaire par olivier — 21/10/2008 @ 10:25
@ Padawan : N’y a-t-il pas quand même un problème d’acceptation de l’oubli sur Internet ?
Commentaire par Yarqaba — 21/10/2008 @ 3:11
Yarqaba > Ok, peut-être que les choses ne sont pas bien mises en forme dans ma tribune, mais Padawan a bien répondu sur l’essentiel. Je ne dis pas qu’on ne se souvient de rien sur internet, je dis qu’on ne sait pas de quoi on se souvient ni où le retrouver. En fait, pour le dire autrement, je pose la question de la stabilité de la mémoire. Et j’ajoute ensuite la notion de transmission, qui est la pièce suivante sur le puzzle.
Padawan > Le droit à l’oubli, on en bénéficie par nature dans le monde physique. C’est central, et c’est une question de plus en plus forte à mesure que le temps passe et que les traces de nous-mêmes, impromptues, non maîtrisées… se multiplient et nous échappent. C’est pour ça que je pense que cette question de la mémoire se pose, et je l’ai appliquée à un domaine que je connais un peu, pour y travailler. Il n’y a pas de droit à l’oubli sur internet, mais il y a la question des données personnelles, qui l’intègre.
Commentaire par Thomas — 23/10/2008 @ 10:39