[ Va voir sur le web si j'y suis ]
Ce que j’ai lu/vu du web/du monde ces derniers jours.
> Grève des étudiants. Je n’irais pas à Nantes demain pour mon TD multimédia, la fac a annulé.
Ce soir, j’étais à deux doigts d’être en phase avec Versac. Et puis je lis Le Monde, et je vois qu’on parle de “bloquer les flux de travailleurs sur le périph“, “d’organiser le boycott du capitalisme” et de lutte totale contre plein de choses qui révolte quand on est jeune.
Et je m’aperçois que je ne le suis plus (jeune), car maintenant je suis le mec qui leur donne des cours.
J’hésite donc entre rejoindre mon camp (les vieux) et les conchier (les jeunes). Ou bien la fermer, et me lamenter contre les années qui passent, et toutes ces occupations d’amphi ou je ne serais plus jamais, à fumer des pétards, jouer au Che Guevarra de pacotille, organiser le chahut bourgeois pour se donner le mièvre frisson de la révolution.
Et taquiner la jeune étudiante pendant les sit-in, parce-que finalement le seul intérêt des mouvements subversifs à deux balles c’était qu’on niquait beaucoup plus que pendant l’année.
Oui, je sais, de nos jours, les vieux n’ont plus aucun respect pour les jeunes.
> Le moral haché. Je rentre dimanche soir de 4 jours dans le Sud, à parcourir les monts jaunis par l’automne et respirer l’air glacé des forets. A peine rentré, les épaules un peu tombantes à cause d’une rude semaine, je tombe sur le billet d’Eolas.
Je n’ai pas vraiment fait le malin pendant de longues, de très longues minutes.
> Le Libé des philosophes. On est bien d’accord, c’était vraiment de la grosse daube. J’avais hâte de retrouver celui du lendemain, celui des pas-philosophes.
Concernant leur nouvelle formule, je me suis tu prudemment jusqu’à maintenant, et je dois concéder qu’elle commence presque à me plaire.
L’intérêt : la densification du contenu. On ne lit plus Libé en 3 minutes montre en main. Quelques défauts : une typo de titraille un peu légère, l’utilisation de hors textes beigeasses immondes et pas assez contrastés. Quelques incongruités : les sites web sans URL, un contre-sens d’une évidence cristalline. L’adresse d’un site fait partie de son identité organique, on peut ainsi identifier le domaine, la techno, le pays, etc. Je trouve dommage de l’en amputer.
Quant à la photo, je ne comprend pas pourquoi non plus, mais il me semble qu’elle a été méthodiquement sabotée par les concepteurs de la formule. Le loupé : le passage à la couleur. La quadri c’est bien, mais pas pour des formats timbres postes, et pas en impression économique sur papier journal. Cela entraine un oubli fâcheux de contourner la faible définition des tirages par des contrastes forts, des astuces de recadrages.
La couleur, cela met l’éditeur en excès de confiance : il pourra faire rentrer pus d’infos par défaut, sans avoir à réflechir sur le sens. Dommage que Libé n’ait pas trouvé le ton quadrichromique qui lui sied. Patience, peut-être…
> La presse en 1843. C’est chez Philippe, qui se demande si cela a changé depuis Balzac.
> La radio de la télé. C’est rare quand je parle de sites en Flash avec du son dedans. Mais là je suis obligé, car non seulement Silvain Gire a été très sympa lors du séminaire Arte d’hier, mais en plus il a un très bon Merlot en cubi dans son studio.
Et puis où est-ce qu’on peut lire autant des commentaires sur la justification d’un bruit de verre brisé sur un reportage sur la suçothérapie (Comment la fellation a sauvé mon couple, 7′45, par Mehdi Ahoudig).
> De la photo. Chez les superconnasses, encore un petit exercice de style visuel : l’allongé photographique.
Chez Tomoblogo, on poste de la photo low-tech que j’aime bien.
2 commentaires »
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Très amusante, la note “générationnelle”. On est tous confronté à un moment ou un autre à ce genre de vertige, qui nous fait tenir le rôle du vieux con…
Commentaire par Marc — 15/11/2007 @ 12:04
“Et taquiner la jeune étudiante pendant les sit-in, parce-que finalement le seul intérêt des mouvements subversifs à deux balles c’était qu’on niquait beaucoup plus que pendant l’année”
Je ne peux que confirmer cette vérité essentielle ami Joël, mais à l’époque je crois qu’on avait relativement conscience de cet état de fait, en tout cas c’est le souvenir (peut être enjolivé) que j’en ai.
Par exemple, le club “Alternative à Gauche” à l’IEP de Bordeaux c’était quand même une vaste rigolade idem pour le pendant Gaulliste dont j’ai oublié le nom.
Commentaire par Philippe — 23/11/2007 @ 4:07