[ Seuil de saturation 2.0 atteint ]
Ca y est, j’y suis : le mot “web 2.0″ est rentré dans ma liste noire.
Ce concept que je trouvais intéressant au début est largement tartiné dans tous les sens, à toutes les sauces, à tous les coins de rue. A tout suffixer 2.0, la branche frêle sur laquelle nous nous tenons va finir par (encore) lâcher.
J’en profite donc pour balancer sans préavis quelques unes de mes vérités, aussi péremptoires que tous les classements et success-stories encore à écrire et déjà portées au pinacle.
1- Le journalisme citoyen, c’est du flan.
Ramener le journaliste au rang de simple diffuseur d’infos est un premier raccourci emprunté par beaucoup. Mettre sur le même plan la presse et le social bookmarking en est un autre qui a également beaucoup de succès.
Les carences évidentes de la presse traditionnelle pour se réinventer ont pu fait croire à certains que tout le modèle était à balancer. Que désormais, le citoyen vengeur trop longtemps tenu dans l’état larvaire de la passivité de lecteur avait forcément vocation à devenir un Lazareff de banlieue pavillonaire.
Mais si le contenu commercial peut éventuellement naître par parthénogénêse (on agrège les commentaires), le contenu éditorial d’un rédaction n’est pas réduisible à sa forme écrite. C’est malgré tout le fruit d’un exigence (morale, juridique, professionnelle, etc.), d’une raison sociale, et surtout de temps disponible pour produire.
Godard n’a pas tourné “A bout de souffle” pendant ses RTT, Philipp Roth n’a pas écrit “la tâche” le soir en lisant son courrier, et l’affaire Clearstream n’est pas pas sortie chez Benito.
Certes, la “presse traditionnelle” nous fatigue, avec ses formules éculées, ses marroniers et son manque ébouriffant de fond, de curiosité et d’esprit critique. L’agonie de France Soir est tellement longue qu’on a vraiment envie de lui mettre le coup de grâce pour plus l’entendre gémir.
Bien sûr, tous les sites de classement de billets et de “media-c’est-vous” sont intéressants. On y trouve plein d’informations, et aussi beaucoup de mauvaises. Cette manière d’aborder l’information est passionnante : c’est une clé d’entrée aléatoire, révélatrice des sentiments et des envies des individus à un moment donné.
Mais c’est une escroquerie de première de présenter tout ça comme la nouvelle et meilleure manière de produire du sens. Je suis désolé, je suis un cynique et élitiste pessismiste, mais je n’ai jamais cru une seconde dans ma vie à la notion d’inteligence collective.
2- Internet est à nouveau rempli de crevards sans business plan, et sans business tout court.
Je viens de lire l’horrible classement du journal du Net sur “les stars françaises du Web 2.0″. Il serait bon de rappeler à tout bon commentateur qui se respecte que le fait d’avoir rajouté “2.0″ aux nouvelles tendances de l’Internet ne dispense pas d’oublier les anciennes tendances de l’Internet (appelée aussi poétiquement “la bulle”).
Le fait de mettre à disposition un dispositif asticieux en rassemblant sur la même interface 3 formulaires et 2 préférences avec un coup d’Ajax pour le packaging ne fait pas de forcément de vous la future star d’Euronext.
Parmi ces “stars” : widiwici. Le moment de bravoure est dans l’article les présentant :
“Pour le moment, pas de revenu, mais les concepteurs ont plusieurs idées pour monétiser leur projet : services premium, publicités ciblées, ventes de produits ou encore marque blanche.
Avec de gros espoirs placés dans le pouvoir de la marque. Dans les prochains jours, ils devraient également décliner le concept des défis en ligne sur le secteur prometteur des jeux vidéo.“
J’ai quand même la désagréable impression de lire un mauvais condensé de cours de première année d’école de marketing. C’est plein de poncifs et de rien. C’est- plein de 1.0.
Je vous passe la liste des autres fameuses “stars françaises”, dont ma tête de turc préférée, Zlio, dont l’intérêt continue à m’échapper pour ses utilisateurs comme pour ses partenaires comme pour ses actionnaires (et je précise que je n’ai rien de personnel contre son fondateur, hein Jérémie, parce-qu’il a l’air aussi doué pour les affaires que pour la susceptibilité).
Quand à Netvibes, même le journaliste du JDnet l’a noté :
“[il] résume à lui seul les ambiguités du Web 2.0 : pour le moment, la société ne dispose pas encore de sources de revenus régulières. L’heure est encore à la maximisation de l’audience.”
3- Web 2.0 = Web 1.0 + le haut-débit + tagcloud + les RTT + les mobiles ?
Mais ça dispense pas de trouver quand même à quoi, à qui et pourquoi monter une idée de business. C’est à dire de trouver des clients, des gens qui ont envie de payer avec du vrai argent pour acheter quelque chose.
4- Les mythes 2.0 précedent la réalité 2.0
Si l’on gratte un peu, on s’aperçoit que le buzz précède souvent la réalité. Emmanuel a par exemple analysé les chiffres d’audience de boing boing (surrévalués d’après lui de 70%), et Roland avait en son temps montré le nanisme économique du secteur des blogs.
J’attend les comptes de résultats. Les levées de fonds sont des révélateurs de panique ou de fantaisies d’investisseurs, pas de la viabilité d’un modèle (cf web 1.0, mais apparemment ça fait ringard de le rappeler).
5- Et si on parlait de contenus, et plus d’interfaces ?
Le blog avait ceci de particulier qu’il est né avec le web. C’est une combinaison réussie de plusieurs techniques qui en s’agrégeant finissent pas créer un outil. Grace à cet outil, on créé des contenus.
Mais depuis longtemps on a cessé de s’émerveiller pour le blog en lui-même (“oh, regarde, c’est magique, ça publie tout seul !”). On s’intéresse surtout aux contenus des blogs. Vous en trouverez personne qui vous commente un blog en vous parlant de la finesse de ses trackbacks, de la beauté de ses permaliens. On discute du fond, du discours, des opinions.
Le blog n’est pas un modèle économique en soi. C’est un outil au service d’une activité, d’une passion, d’un engagement. Il révèle certes un besoin de la part de ses acteurs de s’exprimer, et d’être actifs et plus simplement passif. Je pense sincèrement que les contenus produits représentent une forme de valeur, mais réduite à une audience fragmentaire, et aux lacunes humaines de ses producteurs.
Mon blog m’a permis de valoriser mon activité. Mais mon activité n’est en aucun cas réductible à mon blog.
Restons simples, et arrétons de voir des puits de pétrole derrière chaque page web en ligne qui sait mouliner des flux RSS. Le dynamisme du secteur est passionnant. De nombreuses idées, même les plus inutiles, naissent tous les jours. Des contenus s’épanchent dans tous les sens, sans contrepartie et sans autre prétentions que de partager.
Sachons ne pas monétiser ce qui n’a aucune raison de l’être.
36 commentaires »
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Amusant j’étais justement en train de lire le classement du JDN en me demandant ce que la moitiè des boites citées foutaient dans la famille web 2.0 quand j’ai reçu ton trackback (belle fonction soit dit en passant …).
D’accord avec toi sur l’essentiel, le journalisme citoyen a du plomb dans l’aile mais bizarrement je suis beaucoup plus modeste sur la notion d’intelligence collective (cf Pierre Levy) qui me paraît beaucoup moins fumeuse qu’il y a quelques années.
Je viens de déjeuner aujourd’hui avec un ancien de Multimania qui m’a contacté suite au billet sur Boingboing pour me confirmer la farce de la monétisation de l’hébergement communautaire du moins sous l’aspect publicitaire.
Ceci étant dit j’ai fini par accepter positivement l’idée d’un phénomène Web 2.0 qui intègrerait le contenu utilisateur et le datamining au plus haut niveau de la conception des sites medias et des services. Aller au delà de cette interprétation me paraît très périlleux et ce n’est en aucun cas un label de qualité ou un passeport pour le succès. On assiste surtout au retour de la tribu Neteconomie qui se soutient mutuellement dans le buzz généralisé pour valoriser leurs investissements respectifs. Le compte à rebourd est à nouveau enclanché …
Commentaire par Emmanuel — 16/5/2006 @ 4:43
Excellente note.
Je te rejoins à 100%.
Bien le bonsoir Monsieur bouec.
Commentaire par pouic — 16/5/2006 @ 5:25
Emmanuel > je suis OK sur ta définition “un phénomène Web 2.0 qui intègrerait le contenu utilisateur et le datamining au plus haut niveau de la conception des sites medias et des services”
pouic >
merci pour le clin d’oeil
Commentaire par joel ronez — 16/5/2006 @ 6:01
Que rajouter? Tout est dit! Bravo, un excellent billet.
C’est d’ailleurs marrant, nous “buttons” exactement sur les mêmes services 1.0.
Pour moi aussi, les plus flagrant sont Zlio, dont je ne comprends également toujours pas l’intérêt (pourtant Dieu que j’aimais Net2one du même Jérémie, qui a son époque était un service novateur qui avait un réel sens) et Netvibes. Netvibes, c’est beau, mais quel est l’intérêt? Pourquoi la homepage 2.0 marcherait alors que la homepage 1.0 n’a pas marché? Parce qu’elle est plus interactive? Oui et alors? C’est le concept de homepage qui n’a pas de sens… La homepage n’est qu’un fantasme d’informaticien qui finalement n’a aucun intérêt dans l’usage et dans le temps…
Emmanuel, je trouve que ta phrase, résume très bien la situation… “On assiste surtout au retour de la tribu Neteconomie qui se soutient mutuellement dans le buzz généralisé pour valoriser leurs investissements respectifs. Le compte à rebourd est à nouveau enclanché …” …
Commentaire par Jérôme Charron — 16/5/2006 @ 6:49
Joël n’aimerait le Web que pour l’argent ? je me pose la question sur mon blog sans business… C’est ici : http://www.bozarblog.info/archives/2006/05/joeel_naimerait.html
Commentaire par Pako — 16/5/2006 @ 7:23
Vous êtes durs avec Netvibes, même s’il est légitime de s’interroger sur son modèle économique c’est un service vraiment étonnant à défaut d’être révolutionnaire. Son approche est tout de même bien meilleure que les usines à gaz que servaient les grands portails en matière de personnalisation. On verra pour l’avenir.
Pako > crois-moi, l’affiliation multi-niveaux n’est pas un concept désintéressé inventé par des poetes en mal d’inspiration …
Commentaire par Emmanuel — 16/5/2006 @ 8:03
[...] Les technos dites web2.0 (ajax, rss…) sont robustes, leur utilisation parfois hasardeuse. Ce n’est pas parce qu’un site les emploie que c’est forcément l’idée géniale du siècle. A ce sujet, un billet de Joël Ronez de Cup of tea. Dans son billet, un court passage sur les technos : Le fait de mettre à disposition un dispositif asticieux en rassemblant sur la même interface 3 formulaires et 2 préférences avec un coup d’Ajax pour le packaging ne fait pas de forcément de vous la future star d’Euronext. [...]
Ping par Barbablog » 2006 » mai » 16 — 16/5/2006 @ 10:58
[...] Les technos dites web2.0 (ajax, rss…) sont robustes, leur utilisation parfois hasardeuse. A ce sujet, un billet de Joël Ronez de Cup of tea. Dans son billet, un court passage sur les technos : Le fait de mettre à disposition un dispositif asticieux en rassemblant sur la même interface 3 formulaires et 2 préférences avec un coup d’Ajax pour le packaging ne fait pas de forcément de vous la future star d’Euronext. [...]
Ping par Barbablog » De la bonne utilisation d’ajax — 16/5/2006 @ 11:24
Excellent billet, en effet. Juste pour en atténuer (un peu) la violence, il me semble malgré tout qu’on peut se réjouir de l’engouement récent - des entrepreneurs comme des financiers - pour le Web. Certes, c’est parfois dérisoire, voire inquiétant, comme tu le dis fort bien. Mais entre ça et l’oubli total, la morosité profonde et la méconnaissance absolue, 3 choses qui caractérisent le Net en France depuis quelques années, je me demande ce qui est pire…
En fait, ce qui est pénible, c’est ce mouvement de balancier. Comme ci le Web et son économie formaient un domaine à part, dont on parle trop (et mal) ou pas assez (voire pas du tout), selon les moments.
Commentaire par Cyril Fiévet — 17/5/2006 @ 7:57
Super ! Le Web 2.0 pour les nuls, mais vraiment archi nuls, ça devrait rendre des services du genre : j’ai pas envie d’apprendre, ni de mettre les mains dans le cambouis, mais je trouve quand même ce que je cherche. Sur ce critère, il me semble que ça bouge un peu quand même, non ?
(j’ai l’impression d’en être une preuve vivante ! incapable majeur, mais j’arrive quand même à tenir un vague gloub. C’est fun, même si c’est pas business)
Commentaire par yves duel — 17/5/2006 @ 9:06
D’accord à 90%, sauf sur l’intelligence collective, que, malgré un fort scepticisme, je n’arrive pas à laisser de coté. L’expression est peut-être un peu galvaudée ou surprometteuse, mais ça vaut sans doute le coup d’essayer de mettre l’immensité des utilisateurs à contribution pour classer une informaiton surabondante. Wikipedia est un bon exemple et un bon début pour prouver que (même avec ses limites), un collectif peut faire mieux que quelques professeurs, dans certains domaines. Je rejoins de ce point de vue Emmanuel dans “un phénomène Web 2.0 qui intègrerait le contenu utilisateur et le datamining au plus haut niveau de la conception des sites medias et des services”.
Et puis, pour ZLio ou netvibes, je te rejoins. Je ne vois toujours pas la révolution chez netvibes, ni l’équation particulièrement crétrice de valeur pour Zlio.
Enfin, sur le journalisme citoyen, je suis certain que le rôle du citoyen, hors crises (katrina, 9/11…) ne sera pas de produire l’information comme un journaliste. En revanche, il la consmme juste différemment, en agissant lus, sur son tri, son transfert, sa critique, son relais et son apport personnel. C’est donc surtout les journalistes qui vont devoir changer, en intégrant cette nouvelle démarche de leurs lecteurs.
Commentaire par versac — 17/5/2006 @ 10:45
Salut Joël,
Effectivement, on parle beaucoup de web2.0. Il y a un espèce de côté magique : on tourne la page et on repart comme en 40. Je comprends ton coup de gueule. Mais tu cites widiwici et je voudrais répondre là dessus. Clairement, tu n’as été plus loin que la lecture de l’article et je peux te garantir que c’est pas creux, qu’il y a des utilisateurs passionnés complètement accros !
Quand je définis widiwici, je parle pas de web2.0 qui effectivement renvoit aux buzz words des “start-ups” de la “nouvelle économie” de la fin des années 90. Le concept web2.0 est intéressant sur la notion “empowerment” de l’utilisateur.
Pour moi, widiwici est un site de la génération post blogs. J’entends par là un site centré sur l’individu, comme le blog. Le reste gravite autour. Il y a un vrai côté égo centrique mais un ego lié à un réseau et d’autres égos qui ont des choses à se dire, à partager et à faire ensemble.
widiwici est un réseau social sport & loisirs, le 1er. Or le sport est une activité avec une forte dose de social. Le sport, ça se partage. D’où l’idée. En faire un outil centré sur le sportif et lui offrir des outils pour booster sa pratique sportive : nouvelles activités, nouveaux partenaires, une dose de piment et d’amusement en plus. Il y a 2 dimensions : l’individu, la performance et sa valorisation d’un côté et la communauté, le partage, l’échange et une certaine solidarité de l’autre.
remarques par rapport aux business models et à la monétisation:
- Google a mis 4 ans avant de trouver son business model. Pendant les 4 premières années leur objectif était d’être les meilleurs dans le domaine de la recherche, ils étaient 100% sur les besoins de l’utilisateur et n’écoutaient pas trop les conseils de ceux qui s’inquiétaient de leurs faibles revenus. C’est pas pour comparer les “10 stars du journal du net” à Google, c’est juste pour dire que si tu veux offrir un service utile pour tes utilisateurs, à un moment donné, tu dois trouver le moyen d’en vivre.
- Les réseaux sociaux ont un intérêt particulier relevé par Nielsen/netratings dans une étude parue le 11 mai : un fort taux de rétention. 67% des utilisateurs de Myspace en mars 2006 y sont retournés en avril 2006.
- 45% des américains qui se connectent régulièrement font partie d’un réseau social (toujours la même étude). C’est pas une preuve mais ça indique que ce type de service rencontre un intérêt.
Franchement je vois pas le rapport avec 99% des projets web des années 90 qui partaient du postulat : il y a du fric à se faire, on va gratter un business plan en 2 jours et on va décrocher du cash pour faire un site communautaire pour les chiens et les chats… Nous avons testé le site pendant 6 mois avant d’en parler auprès d’une centaine de bêta testeurs. On a beaucoup bossé et on est content de voir que ça prend et que les gens qui s’en servent sont ravis. Et franchement, ce projet est passionnant et si tu veux on peut en discuter, même si tu n’es pas intéressé par le contenu, je pense que je pourrai te convaincre de son intérêt et de son potentiel.
Ton blog est utile à ton activité professionnelle, widiwici est utile à ses membres pour leurs activités sports&loisirs. Chacun sa tasse de thé
Benoit
Commentaire par Benoit — 17/5/2006 @ 11:02
Merci à tous de ces commentaires nombreux et argumentés (ça me fait plaisir, car ce n’est pas le point fort habituel de ce blog…)
Benoit > Je n’attaque pas ton site et ton initiative. Je crois moi aussi à la logique communautaire de la participation, moteur des principales innovations en matière de proposition de services sur Internet aujourd’hui. Je cherche juste à pointer du doigt l’écart entre le stade (embryonnaire) du développement de certaines structures et idées et le buzz généré autour. Le marché potentiel de dans 4 ans n’est pas le marché tout court. Et si le web 2.0 est effectivement centré autour de la logique de participation allié à une personnalisation et une dose importante d’ergonomie, il est abusif de croire qu’il est le vecteur en lui-même d’une quelconque rentabilité. Je te souhaite bon courage, en éspérant que tu arrivera à générer quelque chose de concret, et que tu ne cédera pas aux sirènes buzzifiantes qui ne manqueront pas de chanter à tes oreilles…
Versac > Par principe, je me méfie des mouvements de masse. En tout cas, je en leur accordde pas la primeur de l’innocence et le monopole de la vertu. Je suis par contre d’accord sur la qualité indéniable de la valeur ajoutée de Wikipedia, del.icio.us, blogmarks, etc… Mais je suis reservé sur la notion “d’inteligence” collective. Après tout, il ne s’agit que de partage généré par des individus qui décident d’agréger leurs préférences selon une logique à mi-chemin entre aléatoire et affinités. Nous devons avoir la même méfiance pour cette manière de mettre en avant les choses que pour celle de la presse traditionnelle souvent manipulée ou victime de son “habitus”.
Cyril > Ravi de te voir passer ici ! Tu es le bienvenu
C’est vrai qu’il s’agit d’un étonnant mouvement de balancier. Comme si on avait du mal à garder la tête froide. Mais après tout, l’enthousiasme est toujours plus beau que la morosité… Je conçois que l’engouement des financiers soit un indicateur. Mais de quoi, au fond ?
Pako > j’ai pas bien compris le sens de ton commentaire et ton billet. Je vais les relire…
Commentaire par joel ronez — 17/5/2006 @ 11:22
je suis d’accord avec le distingo “intelligence collective”/ “affinités” (électives ?) ; dans le cas de wikipedia, on peut parler d’ntelloigence coloective, dans le cas de l’aggrégation il y a création d’affinités, ce qui ne signifie pas que le biniou manque d’untelligence, mais qu’il fonctionne comme une interface faite pour puiser et ajouter des contenus et ds thématiques. C’est en effet très différent.
A soulogner aussi dans le phénomène “2.0″ : en fait le business model le plus répandu consiste à créer de l’audience et à ramener des contenus (sans les créer) pour pouvoir ensuite les monétiser. En postant sur flickr par exemple, en s’aggrégeant à un site “réseau social”, il faut bien voir qu’il y a peu de “réseau” mais le “don” de ses contenus et de ses données personnelles, appelées à générer un revenu …non partagé. Est-ce un bien ? Est-ce une arnaque comme le ressentent certains ? Une fausse gratuité ? Une instrumentalisation ? Mais après tout, tout modèle de création de valeur financière compte une part d’arbitraire et repose sur un accord imlicite et pourtant non décrypté par la plupart de ses utilisateurs. Donc la réponse n’est pas simple.
Je sis d”accord avec toi sur la surestimation et le “surbuzz” qui sont faits autour de cette notion de web 2.0. Cela dit, les langages et les développements utilisés permettent des conception “user centric” intéressantes ; reste à y mettre du contenu. Je vais me risquer à dnner un exemple de “web 2.0″ pas mal réussi de ce coté : Yahoo Tech.
Sur Netvibes, ou pageflakes, hormis la question du business model et de la génération des revenus (sur lesquels nous ignorions beaucoup mais aussi, il faut bien le dire, sur lesquels les créateurs ont le droit de conserver une part de confidentialité), je crois que si on l’envisage comme un aggrégateur externalisé et non pas comme une page d’accueil, on en perçoit vite l’intérêt. Mais il est vrai que l’on peut aussi aller du côté de portable apps pour voir si une version portable d’aggrégateur est sortie…
En gros, du point de vue de l’utilisateur, les services online (aggrégation ou édition) trouvent sens quand on se pose les questions décisives : la sécurité et le confidentialité des données / le back up / l’utilisation (monétisation sans transmission ou transmission, comme les adresses d’un fichier dans le cadre du MD) des données personnelles, et leur sécurisation.
Je pense que derrière le terme “web 2.0″, controversé à juste titre, il y a aussi un vrai cahmp de recherches et de possibles. Quand le soufflé sera un peu retombé et quand les 90% de Me Too auront disparu, on verra plus clair sur ce terrain.
Commentaire par flo — 17/5/2006 @ 2:34
Juste un petit lien pour vous signaler des aggrégateurs portables, si vous ne désirez pas utiliser un aggréateur online : http://portableapps.com/apps/internet/rss
:))
Commentaire par flo — 17/5/2006 @ 2:47
La tasse de thé de Ronez laissera-t-elle encore une fois une trace ?
Si oui, change ton graphisme et symbolise la cup of tea par une empreinte beige.
Commentaire par benito — 17/5/2006 @ 7:49
benito > empreinte beige ? tu es trop métafort pour moi…
Commentaire par joel ronez — 17/5/2006 @ 9:07
Mort à la mort du journalisme…
Oui, on peut dire une chose à un moment donné, son contraire à un autre sans pour autant être en totale contradiction. Certes, j’ai souvent défendu l’importance grandissante de la “main invisible rédactionnelle”, de “la communauté comme rédacteur …
Rétrolien par Heures Creuses — 18/5/2006 @ 12:11
Salut Joël
cool comme article !
cela change des traditionnels poncifs sur les serial entrepreneurs (”ouais géniale super levée de fonds. bravo machin!”, heureusement qu’on ne s’extasie pas à chaque fois qu’une PME/PMI va emprunter de l’argent auprès de son banquier, “whaou, magnifique opération de bidule qui revend sa superbe entreprise à des japonais”, oui bidule croyait tellement peu à la perennité long terme de son entreprise qu’il a préféré s’en mettre plein les poches)
web 2.0 c’est du pipo, les usages n’ont quasiment pas bougé depuis la fin des années 90 mais sont simplement facilités par des outils simples et facilement adoptables par le grand public,
les pages persos existent depuis 10 ans (tiens d’ailleurs comment se fait il que personne ne se moque de la somme payée par Yahoo pour racheter Geocities pour ensuite le laisser tomber comme une veille chaussette)
seule véritable révolution : le RSS
bon en tout cas interressons nous à des sujets plus passionants : la coupe du monde de foot : Zidane arretera-t-il sa carrière contre le Togo ?, où bien manger à Paris ?, pourquoi les gens font la tête en ce moment dans les bars à Paris ?, si on n’aime pas la 5eme république bananière doit on la quitter ?
a+
Jérôme
Commentaire par Tvnomics — 18/5/2006 @ 4:23
jérome > un resto pour toi dans le 2eme, c’est ma cantine (d’ailleurs on y mange quand tu veux) : le press café (www.press-cafe.com)
Commentaire par joel ronez — 18/5/2006 @ 4:58
Si le web 2.0 signifie, facilité d’utilisation, accessibilité, facilité d’apppropriation par l’utilisateur. Tant mieux. Certes les pages perso existent depuis 10 ans, mais combien d’internautes en avaient réellement l’utilisation ? Combien avaient été rebutés par les aspects techniques ? Si le web 2.0, c’est l’accès gratuit ou presque à tous les outils de production de contenu, tant mieux !!! Le public, les internautes ont besoin d’espace d’expression. Et cet engouement ne peut qu’être positif pour le développement de l’usage de l’internet.
Si par certains aspects – et je partage votre agacement pour l’utilisation du label 2.0 à toutes les sauces – 2006 fait penser à la folie de bulle internet, je crois surtout que les coûts de développement de projet sur internet ont très largement baissé… Donc au final, si la viabilité économique de projets évoqués n’est pas garantie, leur coût est largement moins vertigineux qu’il y a 6 ans… Donc un risque moindre pour les financiers !!!
Pour le reste, on ne peut que se réjouir de cette dynamique de création d’entreprises !!! Le darwinisme économique fera le reste, comme c’est déjà le cas dans tous les secteurs d’activité !!!
Commentaire par dubuc — 19/5/2006 @ 9:38
[...] Je dois confesser quelque chose: lorsque j’ai redmarr ce blog, j’ai rajout “2.0″ la fin du nom pour me foutre de la gueule des pathtiques cyber-branchs et des crtins premptoires qui se branlaient la nouille en vantant le “web 2.0″. Il y a 30 minutes, je suis tomb sur “cup of tea”, le blog de Jol Ronez. Je ne connais pas Jol Ronez, , j’ai dcouvert son blog au hasard des blogrolls des sites que je visite parfois. Son article consacr au web 2.0 est fabuleux… et notamment la partie parlant du journalisme citoyen, avec laquelle je suis entirement d’accord. Si je n’tais pas dj amoureux (oui), je crois que je demanderai Jol en mariage (quitte changer de sexe s’il est htro ou lesbienne). En attendant, je le rajoute ma blogroll. [...]
Ping par […] sans importance 2.0 » Blog Archive » Oui 2.0 — 19/5/2006 @ 12:17
Bonjour,
Je suis le journaliste qui a réalisé l’article sur le JDN. Deux petites observations : il ne s’agissait en rien d’un classement, je ne peux donc être d’accord avec le terme “horrible classement” ;-))
Il s’agissait juste de présenter des sociétés dont on parle beaucoup actuellement, et de se poser la question de leur modèle économique, afin justement d’éviter les dérapages que l’on a pu connaître il y a quelques années. Il me semble que l’article présente bien les contradictions actuelles et rappelle que la plupart n’ont pas de modèle économique. Il ne fallait pas, bien sûr, prendre le terme “stars du Web 2.0″ au pied de la lettre : il ne s’agissait pas de dire que toutes ces entreprises sont géniales et qu’elles vont révolutionner le secteur, mais de présenter un peu plus dans le détail, des sites dont on parle beaucoup.
Enfin, j’ai remarqué votre “Quand à Netvibes, même le journaliste du JDnet l’a noté [...]“. Pas très sympa, le “même”… mais je suis à votre disposition pour en discuter.
Cordialement,
Nicolas Rauline
Commentaire par Nicolas Rauline — 22/5/2006 @ 11:11
Bonjour Nicolas et merci pour ces précisions.
J’ai la dent dure, en effet, mais au fond je suis un bon gars
Le “même” ne doit pas vous blesser, juste vous interpeller (et je crois que c’est chose faite…). C’est en effet le constraste entre la titraille un peu trop putassière et le contenu qui m’a fait réagir. Je vous rassure, ce n’est pas votre article qui m’a fait sortir de mes gonds, c’est le contexte propice à la glorification de nimporte quoi et aux buzz-system qui m’a juste gonflé…
Je comprend votre point de vue, et votre commentaire est clair. Mais je maintiens que votre article ne reflétait pas complétement l’esprit critique dont vous dites avoir usé…
C’est la différence entre le point de vie subjectif de l’émetteur, et celui encore plus subjectif de celui qui lit (qui est en plus un blogueur fieffé bavard et perclus de mauvais esprit
).
Commentaire par joel ronez — 22/5/2006 @ 3:01
Un seul mot : bravo ! Bien senti, bien écrit, bien parlé. Et apparemment, bien entendu aussi.
Jean-Marie
Commentaire par Jean-Marie Le Ray — 22/5/2006 @ 6:00
web 2.0: engouement vs. réalité économique…
Dans son post “Is Web 2.0 bullshit? ou utilisez-vous vraiment les services web 2.0 ?“, Benoit Dausse montre la surconsommation de services en ligne de nouvelle génération (web 2.0), et (se) demande qui utilise réellement ces services, de……
Rétrolien par personal information junkyard — 26/5/2006 @ 11:23
[...] Suite à mon billet sur le web 2.0, j’en ai remis une louche dans une interview au Journal du Net, parue samedi dernier, dans un dossier rédigé par Dominique Filippone. Je m’auto-commente ici. Les interviews, c’est souvent difficile pour le journaliste et l’interviewé. Le premier doit remettre en forme des bribes de conversation, le second doit être brillant dans ses explications, ne pas trop dire de conneries, et surtout se reconnaître à peu près dans ce qu’il a dit. [...]
Ping par [Cup Of Tea] Blog » [ Interviewé par le JDNet : retour sur paroles ] — 28/5/2006 @ 11:05
Bonjour
Je vais prendre tout le monde à rebrousse-poil, je le sens.
D’habitude je suis assez OK avec Joel, pourtant.
Web2 est un tournant parce que son role de facilitateur va amener beaucoup plus d’internautes à lire, à produire et à connecter de l’info. Et sans pour autant qu’ils jouent au journaliste. Et, on ne vit pas que d’info, je sais. Et le Web2 a ses outrances, OK
L’intelligence collective, nous l’avons vue venir depuis 1974 et John Brunner (Tous à Zanzibar (SF) : le vote final qui contre la décision étatique).
Y’a pas de raison qu’elle (I.C) ait disparu avec l’irruption du Net hors de la fiction. D’autant que Pierre Levy en a relancé l’intéret, il y a qqs 10 ans (mal compris en France, ça ne m’étonne qu’à moitié).
Netvibes est devenu mon journal quotidien de veille, comme Courrier International est mon hebdo, ie un agrégat effectif d’infos ex-éparses et sélectionnées. Mais OK pour avoir un agrégateur hors-ligne qui ait la meme ergonomie. Je vais suivre votre lien.
Cracher sur le Web2 me semble (AMHA) relever du plaisir du contre-pied par rapport à la tendance générale. En France : une innovation qui a du succés refait plonger le prospectiviste (je l’ai vue avant) dans la masse , ça déplait au prospectiviste.
Pour moi, je dis OUF! Enfin, on réalise nos idées! Enfin, elles réussissent !
A+ et continuez de nous faire réagir
David
Commentaire par Wynot — 29/5/2006 @ 11:35
Wynot,
“Netvibes est devenu mon journal quotidien de veille, comme Courrier International est mon hebdo, ie un agrégat effectif d’infos ex-éparses et sélectionnées”
-> tu cites comme exemple d’inteligence collective un produit de presse (courrier international), sélectionné par une rédaction selon un charte, et Netvibes, qui est un contenant qui est rempli par ses propres préférences. Pas trés collectif tout ça…
Commentaire par joel ronez — 29/5/2006 @ 1:59
Hello
Je ne fait pas de lien entre Netvibes et Intelligence collective, encore que j’ai l’impression d’accumuler beaucoup d’intelligences sur cette interface. (pas la mienne qui est plus limitée, c’est sur)
NETVIBES est maintenant rempli de MES propres références (8 onglets, 500 titres de fils), ie mes RSS préférés (dont CupofTea) outre qqs outils dont je me sers à l’occasion comme le ToDo.
C’est la homepage attendue et j’avais essayé un My Yahoo, il y a qqs années, sans y trouver ni la souplesse ni la personalisation.
Oh bien sur, Courrier a une charte et ce sont les vigies (ils s’appellent comme ça) qui sélectionnent mais son aspect Journal de la Planète est proche de ce Joural de mon Web que je me fais sur Netvibes. CI est un outil de veilleur depuis 1991 pour qui aime déceler les “signaux faibles”
A+ David
Commentaire par Wynot — 29/5/2006 @ 2:46
Un ami me montrait il y a 1 semaine l’agregateur qu’il avait développé. Il y avait un sommaire à gauche et le fils s’affichait à droite et à la demande. Un classique de la nav et des agrégateurs.
J’ai mieux compris les raisons du succés des agrégateurs homepage web2.
Nous avons besoin de parcourir les news comme sur un journal, en diagonale, attendant que l’oeil accroche un mot
et NON de façon linéaire, séquentielle ou au clic…
Dirait un ergonome.
Cela dit en passant pour expliquer l’analogie avec un journal.
David
Commentaire par Wynot — 29/5/2006 @ 2:58
[...] Emmanuel m’a signalé la semaine dernière qu’un de mes récents billets était repris texto sur un blog d’Al-Jazeera. La Gloire ! [...]
Ping par [Cup Of Tea] Blog » [ Faux plagiat & pêche aux liens chez Al-Jazeera ] — 1/6/2006 @ 10:39
Gandi v2 - première mue…
Gandi vient de faire peau neuve. Ils disent Gandi v2, moi je vois surtout la première mue d’une longue série qui promet d’être très intéressante. C’est que Gandi, l’une des plus belles sociétés françaises du web, a une histoire peu……
Rétrolien par padawan.info/fr — 5/6/2006 @ 11:00
Science 2.0 : c’est parti….
N’en déplaise aux salutaires gueulards (dont je partage l’avis pour ce qui est du journalisme citoyen), la mode du 2.0 vient encore de frapper, et de manière cette fois - à mon avis - salutaire. C’est le déjà très renommé…
Rétrolien par affordance.info — 6/6/2006 @ 2:18
[...] > Des bons produits, correspondant à une demande. C’est toujours bon de la rappeler dans un contexte où beaucoup pensent que les bons produits sont ceux n’existent pas encore. [...]
Ping par [Cup Of Tea] Blog » [ Lillibulle, une blog-boutique Typepad qui marche ] — 22/6/2006 @ 3:52
[...] Le web 2.0 pour moi, ce ne sont pas des techniques, c’est un état d’esprit. Il se passe des choses trés intéressantes sur le web en ce moment. Et ce n’est pas parce-que beaucoup de buzzeurs tentent de nous refaire le coup de la nétéconomie que l’on va s’arrêter de s’enthousiasmer. Voici quelques critères pour qualifier le “degré de 2.0″ d’un site web. En gros, cela s’articule autour des notions d’ergonomie et de participation. 1- Simplicité de création de profil. Allez voir Dailymotion, il faut juste fournir un mail et un mot de passe. C’est notamment ce qui permet d’engranger de l’utilisateur (non-échaudé par un formulaire inquisiteur), qui compte dans le logique de participation (voir plus loin). [...]
Ping par [Cup Of Tea] Blog » [ Le web 2.0 pour les débutants ] — 26/6/2006 @ 11:56