29/9/2006

[ Les carnets de Paul-Emique Victor]

Classé dans : — joel ronez @ 2:56

Ceci est un tour d’horizon des meilleurs polémiques à la con du moment, car c’est vendredi et j’ai pas envie de travailler.

[Et pas la peine protester pour le calembour, j'ai déjà prévu de me laver la bouche avec un almanach Vermot.]

Cela manque de polémique sur la blogosphère en ce moment“, ai-je dit jeudi 21 septembre à 11h à Laurent Gloaguen, qui aquiesca mollement en tirant sur sa boufarde. Pour la peine, il a pris ça dans le cornet, ça lui apprendra à aller boire des coups à l’UMP.

Entre temps, j’ai vainement tenté d’en rallumer une sur Wikio, ici et ici. Mais on peut pas dire que ça prenne. Un de mes prochains billets d’appelera donc “Netvibes, le site le plus sur-évalué d’Internet” et devrait donc me valoir quelques amis, si tout va bien.

Entre temps, Loïc avait quand même osé “La France plus communiste que la Chine“, ça c’est dit, maintenant amusez-vous avec les commentaires (100) dont quelques merveilles sur les femmes de ménages chinoises (”au moins ici c’est pas plus de 0,80 € de l’heure“).

Mon préféré de la journée, et qui devrait nous valoir le prix de la meilleure polémique du mois, et le pré-buzz autour du classement Edelman/Technorati des sites les plus influents, et c’est Olivier qui tire le premier et qui a l’air de beaucoup s’amuser lui-aussi au lieu de chercher (il est chercheur).

[ Wikio, votes et meli-melo (suite...) ]

Classé dans : — joel ronez @ 2:35

Dans un récent billet, j’avais expliqué avec force capture d’écran à l’appui qu’il y a avait un problème avec les votes Wikio. En gros, le vote était attribué à tout un groupe d’articles, et pas à l’article en question.

J’avais oublié de signaler le billet d’Emmanuel qui avait levé le lièvre dès le 14 septembre. Du coup, j’ai relu le commentaire suivant de Laurent Binard (Wikio) chez Didier Durand:

Bonjour à tous, Wikio ne génère aucun vote fictif, sinon, vous n’auriez pas autant de news non votées. Ce qui se passe est que vous votez pour une news ou pour un groupe de news. Dans ce cas, chaque news du groupe héritait du vote. Les sujets chauds qui durent plusieurs semaines emmagasinent alors les votes… et créent des disparités entre les différents sujets. Par contre, Wikio dissocie bien les groupes comme vous pouvez le constater en vérifiant les news qui composent chaque groupe. Pour les votes, j’utilise le passé car je me rends compte, à la lecture de vos posts, que la solution n’est pas optimale. Nous allons donc changer l’algorithme et seules les trois premières news du groupe hériteront du vote, ce qui permettra d’éviter l’escalade étant donné le nombre important de news qui transitent sur le site.

Ce n’est pas l’affaire du siècle, c’est juste un peu de cuisine interne. Mais je me demande pourquoi personne à part les 3 personnes dont moi personne n’a relayé l’information, alors que d’ordinaire on s’échauffe pour moins que ça.

Mon opinion est que soit la buzz machine fonctionne diablement bien, et du reste le système des votes n’est pas l’intérêt majeur du produit. Soit au contraire, tout le monde s’en cogne. Tout comme Netvibes (qui sera à mon avis le prochain looser de la redistribution des cartes de l’Internet, on en reparle), les gens s’ouvrent un compte, tripotent un peu au début, et puis lâchent l’affaire dès que possible.

J’en ai profité du coup pour visionner le podcast de Chapaz et Binard chez Le Meur. Je sais pas si c’est moi, mais je me suis ennuyé ferme. Je crains que cela ne soit aussi mauvais signe : il faudrait quand même se rappeler que des Wikio, digg, del.icio.us, technorati et consors restent somme toutes des produits de geek. Des belles machines, mais limitées organiquement, par leur ergonomie et leur usage, pour s’imposer comme un standard. Et pour un geek, le discours est tout de même trés léger. Deux messieurs en friday wear explique que c’est génial, tu pourra “te composer toi-même des infos que tu veux voir toi-même“…

Au final, nous sommes quand même plus près d’un business model par le réputationnel (j’occupe le terrain, puis je revend vite) que par la recherche active d’un marché sur la base d’une réelle innovation.

Je veux pas faire encore le rabat-joie, mais je trouve quand même que tout ça mérite un peu de tempérance.

[UPDATE 5 mn après] 

Sur le blog de Didier : Laurent Binard explique en fait que le système de vote va être revu.
On reviendra donc tester dans un mois… :)

25/9/2006

[Intranet, la nouvelle dynamique (conférence) ]

Classé dans : — joel ronez @ 2:11

J’interviendrai le 28 novembre au forum Benchmark “Intranet, la nouvelle dynamique, dans la table ronde “blogs, wikis, webconférence, les nouveaux outils pour mieux collaborer“, animée par Dominique Filippone (Journal du Net), en compagnie de Jean-François Pétrignani (Air Liquide), et Michel Ezran (Renault).

Et le lendemain, si vous vous inscrivez, vous aurez la chance de passer une journée entière en ma compagnie pour parler de blogs et wikis et de partage d’information.

benchmark.jpg

23/9/2006

[ La soupe de votes de Wikio ]

Classé dans : — joel ronez @ 3:01

Les votes accompagnant chaque article ne sont a priori pas les votes réels, mais une somme obtenue après pondération compliquée de plusieurs paramètres que j’ai encore du mal à saisir, et sur lesquels je suis preneur d’éclaircissements.

J’avoue que la buzz machine entourant Wikio a malheureusement chez moi produit l’effet inverse, et que je ne me suis intéressé à la bête que très récemment. Je suis par principe friand de ce genre de produit, et mon avis est que la presse d’information devrait y mettre le nez d’avantage qu’elle ne le fait. Mais je suis aussi très critique sur le discours naïf des tenants de l’intelligence collective, et je considérerais encore très longtemps qu’un rédacteur en chef vaudra toujours mieux qu’un algorithme. Surtout lorsque celui ci est biscornu.

Explications, observations et questions.

> Pourquoi certaines articles totalisent des centaines de votes une heure après leur publication et d’autres quelques unités ?

Le cas est manifeste avec cet article sur Jacques Chirac à l’ONU le 19 septembre, provenant de francetelevisions.fr, qui, horodaté de 17h02, totalise 2128 votes à 17h53, alors que d’autres articles sur la même page, le même jour, provenant de sources de même rang, et traitant du même thème en totalisent 5 ou 6, alors qu’ils sont en ligne depuis une dizaine d’heures.

1-wikio1.jpg
2-wikio.jpg

> Pourquoi sur la même page, des articles reliés au même sujet affichent des votes quasi-similaires ?

Jetez un oeil par exemple à cette page du même 19 septembre (ci-dessous), et comptez les articles affichant des scores équivalents.

3-wikio-S-2.jpg

Il semble donc effectivement que les votes ne soient pas attribués à un article, mais à la totalité des articles faisant partie du même groupe. C’est d’ailleurs plus ou moins confirmé par Laurent Binard, de Wikio, sur le blog de Didier Durant, suite à une remarque pointilleuse d’Emmanuel.

Au fond, Wikio est libre de choisir le mode de classement qu’il veut, mais le problème c’est que Wikio est ambigu : il laisse penser que le chiffre à coté des articles est un vrai vote, sans pour autant l’écrire dans son “à propos” :

Le classement des dépêches tient compte de la pertinence des informations mais également de leurs popularités auprès des membres qui votent, commentent ou même rédigent l’actualité. [...] Par défaut, ces articles sont affichés par pertinence, c’est-à-dire que Wikio affiche les dépêches les plus importantes en tête. Mais vous pouvez également sélectionner un affichage par date ou par popularité, c’est-à-dire issu du vote des utilisateurs.

Ce genre de formule évite les ennuis, c’est à dire qu’on parle de classement “issu du vote des utilisateurs”. Mais on se garde bien d’expliquer comment on classe ensuite.

Le problème est bien que ce chiffre est bien un vote, non un indice. Pour le vérifier, votez sur nimporte quel item, et il augmente de 1 mécaniquement.

> Pourquoi les votes sur un article sont-ils purgés postérieurement ? Et selon quels critères ?

Reprenons l’exemple de la dépêche venant de chez francetélévions.fr, mais 5 jours plus tard. Alors qu’elle comptabilisait 2128 votes le 20 septembre, elle en totalise 5 le 23 septembre.
wikioA2.jpg

Donc, au final, ma question toute simple est : comment ça marche, ce bousin ?

[ Libération, le salut par l'hypertexte ? ]

Classé dans : — joel ronez @ 12:48

ecrans.jpgLa grande nouvelle du moment du coté de Libé, ce n’est pas la création de la société des lecteurs. Faisant déjà partie de celle des acheteurs, je considère que je fais ma part d’engagement.

Ce n’est pas non plus le lancement du supplément Ecrans en version 100% web. J’ai fait partie des eberlués au printemps dernier quand j’ai appris qu’en pleine débâcle financière, ils lançaient un supplément en papier. Coût de la blague : 1 million d’euros, sur 6 millions de pertes au premier semestre 2006. Imaginons un instant ce qu’on aurait pu bâtir comme site web avec ce montant là, désormais dilapidé ?

Car au final, c’est Jeff qui a le discours le plus clairvoyant (et aussi je crains, le plus utopiste) : pourquoi Libé s’emmerde t’il encore avec du papier ? Il ya tellement de formats à inventer, avec les RSS, les téléchargements mis à jour en continu, les gratuits ciblés, les contenus multimedia, l’interactivité… Au lieu de ça, on parle de réduire les points de vente et la pagination, on va fatalement augmenter le prix, donc baisser en diffusion, donc en recettes publicitaires. La spirale de la loose.

Mais il y a de l’espoir. Certes, il y a beaucoup à redire sur Ecrans.fr. Une architecture d’information illisible, des flux RSS tronqués, ou un rubriquage obsolète décalqué de la formule papier (Internet, Télévision, Cinéma, DVD, Jeux, Téléphone : cette segmentation est objectivement totalement ridicule).

Mais je n’ai pas envie d’avoir la dent trop dure avec Libé. Tout d’abord parce-que je saisis tout le pathétique qu’il y a dans ce râle affectif de vieux lecteur pénible qui passe son temps à dénoncer l’âge d’or perdu. Qu’on soit clair : je n’ai pas connu le premier Libé, soit disant historique, car j’étais trop jeune, et tant mieux, le romantisme marxiste m’aurait vraisemblablement gonflé. Mais j’ai découvert la presse avec Libé, au tout début des années 80, et j’ai toujours adhéré depuis. J’ai même depuis cette époque collectionné (et déménagé successivement) tous les numéros achetés, qui occupe aujourd’hui plus de 10m² dans ma cave, pour une raison qui m’échappe encore.

Donc, dis-je, je ne dirais pas de mal de Libération aujourd’hui, car j’ai remarqué recemment que c’est chez eux que se brise enfin le tabou absolu pour la presse en ligne. C’est sur leurs pages qu’on a pu découvrir avec stupeur et bonheur l’attribut suprème qui existe partout ailleurs sur le web mais pas dans la presse française : le lien hypertexte.

Lisez les articles, oui, oui, vous ne rêvez pas : Libération utilise dorénavant le lien hypertexte DANS LE CORPS des articles. Et allez lire Le Monde.fr, Le Figaro.fr ou nimporte qui d’autre, vous pourrez vous brosser. Les pages sont muettes comme des missels en latin, c’est d’un morbide étoudrissant.

Cela n’a l’air de rien, c’est largement trop tard, mais je trouve que c’est bon signe quand même qu’ils se remettent dans le sens de la marche, via ce petit attribut essentiel du media web…

22/9/2006

[ Le trackback est (vraiment) mort ]

Classé dans : — joel ronez @ 11:50

C’est la grande tendance du moment : la disparition du retrolien, en qui j’avais au début naïvement fondé beaucoup d’espoirs.

Je ne le présente même plus aux étudiants et stagiaires, car le temps passé à en décortiquer l’intérêt est à mon grand regret un investissement dans l’obsolète.

Je trouvais le principe du retrolien palpitant, et je me rappelle avoir éprouvé le même frisson, quand je l’avais enfin compris, que lorsque j’avais assisté pour la première fois à un clic sur un lien hypertexte (Toulouse, CICT, 1995).

Las ! Ce truc bizarre aura été le mal aimé de la révolution bloguienne. Accusé de favoriser le squat de visibilité, puis d’influencer l’auteur dans sa rédaction, il a ensuite pris gros sur le carafon avec les attaques monumentales de spammeurs qui ont lui fermé les vannes, souvent à jamais.

J’avais réussi ici, grâce à la complicité magique de mes amis techniciens, à vaincre le fléau, grâce à SpamKarma sur Wordpress. Et ce présent blog accepte encore avec plaisir les retroliens entrants. Par contre, impossible d’en faire sortir un propre qui tienne debout.

Au début, j’ai cru que c’était un truc qui clochait chez moi, avant de m’apercevoir que quasimment aucune plate-forme potable n’en accepte. La seule plate-forme majeure qui a tenu contre vents et marées, c’était Typepad. Depuis 2 ans, jamais eu aucun problèmes en entrée, comme en sortie. Du billard.

Oui, mais depuis, il s’est passé ça.

Terminus, on plie les gaules. Dommage.

[ Secrétaires de rédaction : où êtes-vous ? ]

Classé dans : — joel ronez @ 11:11

Voila comment, faute de consacrer suffisamment de ressources sur le travail d’édition, un grand quotidien régional arrive à produire une “Une” indigente.

Tout est mauvais dans ce bloc d’information :

midi-libre-titraille.jpg

> Titre incitatif de mauvais goût (le “souffle” en question a fait 30 morts et 2 500 blessés), et qui plus est incorrect dans l’analogie (l’expression ne s’emploie pas)

> Reprise de la même formule (mais avec l’expression correcte : “d’un pouce”) dans l’accroche (ou court résumé) qui accompagne l’image, créant un effet de répétition, désastreux. On croirait que ce sont deux personnes différentes qui ne sont pas lues qui ont commis ces phrases.

> Impossible de comprendre de quoi parle le journaliste : est-qu’il veut dire que l’enquête n’a pas avancé ? Que les magistrats sont restés sur leurs positions de départ ? Qui est mis en cause ?

Bugs mineurs (au regard du reste) :

> Le titre privé de mot-clé : lisez le sans le sur-titre, on n’en saisit pas le sujet. Pour le référencement, ou la reprise dans un sommaire d’archive, c’est du pur gachis.

> La notion d’édition (”édition du 20 septembre”) renvoyant à ue périodicité qui n’a plus court sur Internet. On sent ici que le travail est fait le soir au bouclage du papier, pour toute la journée. Un contre-sens, puisque sur Internet on raisonne en média de flux, qui s’affranchit des anciens rythmes (bouclage, impression, distribution, …).

Si je ne devais retenir qu’un seul conseil à un éditeur de site web (surtout en presse!) pour améliorer son contenu éditorial, je l’encouragerais à travailler d’avantage ses titres, chapôs, accroches, résumés, légendes. Ce qu’on baptise la “titraille”, ou “micro-contenus”.

Ce qui, dans le métier historique de journaliste, etait fait par un personnage qui n’a pas su s’imposer dans la chaîne de métier du web : le secrétaire de rédaction.

18/9/2006

[ La semaine express ]

Classé dans : — joel ronez @ 10:16

Petit programme des 3 jours à venir :

- mercredi 20 septembre à l’ESJ Montpellier (vive le TGV).
- jeudi 21 septembre à Paris Web 2006, pour écouter plein d’orateurs talentueux, et rencontrer des gens. S’il y en a qui me lise, on se rencarde ? Petit message aux organisateurs de tout poil : dans ce genre de raout, publier la liste des inscrits aurait été vraiment trés bien.
- vendredi 22 septembre : animation d’une formation :”de l’intérêt du blog lorsqu’on est consultant indépendant” pour Jam.

La semaine prochaine, c’est travail d’écriture acharné à la maison, avant de tenter une sortie pour le SAN de Senart, et évoquer ensemble l’écriture web et l’architecture d’information sur Internet.

13/9/2006

[ "I read banned books" ]

Classé dans : — joel ronez @ 2:23

Chinese don’t.

8/9/2006

[ Le Parisist nouveau ]

Classé dans : — joel ronez @ 11:44

parisist-relance.jpgParmi mes défis déraisonnables de la rentrée, j’ai l’honneur de vous présenter le plus fameux : la relance de Parisist.

J’en suis maintenant le co-animateur en chef (sous le pseudo discret d’Owen), avec l’illustre Benito, et une chouette équipe. Nous avons même recruté des américains à Paris pour reprendre la partie anglophone, qui sera dorénavant regroupée avec le français sur la même page d’accueil. A real french / anglais tentative of blogging bilingue, what a cauchemar for redacteurs en chef and lecteurs, see if ça marche…!
Créé par Dom et Chryde, qui nous quittent car accaparés à plein temps par leurs grosses cylindrées, ce blog collectif sur Paris a déjà eu le temps de publier plus de 980 notes et d’user une bonne douzaine de contributeurs. Nous recherchons d’ailleurs activement de nouveaux contributeurs (on annonce d’ailleurs l’arrivée imminente de Nawal).

Un des aspects les plus motivants de cette nouvelle charge de travail est l’appartenance à un réseau international de blog, dirigé avec brio et dynamisme par une nébuleuse de gens (pas encore tous identifiés à ce jour, mais que je vois passer sur des listes de diffusion à la fois nombreuses et précises). On bénéficie donc de l’expérience et de l’expertise d’une équipe assez motivée, qui fournit pas mal de feedback (chiffres, bug report, idées, projets) et qui travaille beaucoup sur les innovations permettant la participation des lecteurs (voir à ce sujet les reprises automatiques de bookmarks del.icio.us ou FlickR, les pieds de notes permettant de social bookmarker ou de recommander, etc.)

Rendez-vous au milieu de l’automne pour un premier bilan. D’ici là, à vos flux RSS !

5/9/2006

[ La politique du pire ]

Classé dans : — joel ronez @ 10:31

Comment se faire des amis en parlant d’un sujet non constructif, mais des fois je peux pas me retenir.

Ce week-end, des blogueurs émérites ont été invités à assister à une université d’été d’un grand parti politique de droite. Je n’ai rien à dire sur le fond, pour ainsi dire j’aurais plutôt tendance à m’en foutre. A part Loïc, que j’apprécie et qui est plutôt clair dans ses engagements, je ne lis jamais la plupart des autres invités.

Ce que je trouve navrant, c’est l’ébahissement crasse de certains d’entre eux. “J’ai hâte de voir comment ça se passe à gauche“, dit en substance un Thomas Clément tout en synthèse de publicitaire, comme si l’idée de faire un choix lui paraissait obscéne.

Tels des touristes visitant Rome en 2 demi-journées et se sentant pousser des ailes pour parler d’Antiquité dans les diners en ville, les plumes carnetières ont été invités tous frais payés à flâner dans les allées, et donner leurs impressions. Participant sans l’assumer à une opération de relations publiques, ils parlent avec ravissements des détails logistiques (“putain, c’est bien organisé, chapeau!”) ou rhétoriques (“des formules qui font mouches”) sans se rendre compte que leur absence de parti pris rémunéré les rend complices d’un non sens.

En lisant certains billets déprimants de naïveté, je me rend compte que l’apolitisation globale (c’est à dire souvent le triomphe des idées conformistes) n’est pas reservé aux jeunes sans repères, mais aussi à des cadres dirigeants disposant du pouvoir de communiquer.

Ce pathétique manque d’esprit critique, que certains convives ont la prétention de prendre pour de l’objectivité, est un symptôme purulent de notre misère politique. Nous avons le débat que nous méritons, celui des mots markétés, des formules qui font mouche, des stratégies virales, et des ambianceurs.

Nous assistons sans broncher au mélange des genres. Celui où être journaliste serait un tort cardinal de l’ancien monde, et où l’absence d’engagement est vu comme une vertu.

Je n’ai vraiment pas hâte d’être au mois de mai 2007.

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