[ Podcast : est-ce vraiment le truc dont on parle ? ]
Pour être honnête, mon premier reflexe est de dire du mal sur le podcasting. Mais comme je dis tout le temps du mal sur les choses et les gens, on risque de me prendre pour un gros lourd.
Mon deuxième reflexe, après reflexion, est de dire quand même du mal sur le podcasting. Ou plutôt, sur la frénésie podcastienne (qui reste quand même assez circonscrite, il faut le dire…).
Pour une raison bien simple et empirique : je travaille "dans l’internet" depuis 10 ans, je me considère comme techno-sympathisant, je suis curieux, ouvert et féru d’innovations éditoriales, mais à mon grand dam, écouter les podcasts des autres me fait royalement chier.
En fait, au risque de passer pour un dinosaure, j’avoue avoir écouté un podcast UNE fois. C’était le premier podcast de Pointblog, ou était invité Frédéric Montagnon d’OverBlog. Je l’ai trouvé trés bien, mais je n’ai jamais retenté l’expérience. Pourquoi ? J’ai un problème de base de mode d’utilisation. Je ne sais pas quand écouter ça. Sur mon PC ? ben non, je m’en sers pour bosser. Sur mon baladeur numérique ? Je m’excuse, mais je n’en ai pas (j’en ai eu il y a longtemps, un des premiers Archos, mais passé 2 mois, j’en ai eu marre de trimballer un walkman que je n’écroutais pas…). Sur mon Smartphone ? C’est un Nokia 7710, et le simple fait d’y transférer un fichier son nécessite une logistique compliquée (cable, driver du cable, logiciel propriétaire, format de fichier propriétaire).
La conclusion s’impose d’elle-même : je n’écoute pas de fichier podcasté, car je n’ai pas d’outil ni de moment adapté pour le faire. Et je ne crois pas être le seul dans ce cas.
J’ai également une deuxième objection, sur le format celle-là. Autant il est possible de saisir l’intérêt d’un texte d’un seul coup d’oeil, de se faire une idée avec la titraille, la photo, les paragraphes, les débuts de phrase, de sauter d’une ligne à l’autre, de revenir en arrière, autant cela est impossible avec un fichier tubulaire comme un fichier son enregistré, même indexé avec des plages.
Une troisième objection : les radios et télés fonctionnent sur le principe de la diffusion de fichiers fermés. On ne peut, à la base, que les regarder dans le format, la durée et la conformation prévue au départ. Les promoteurs du podcast mettent en avant la souplesse de leur mode de diffusion. Mais ils négligent une notion essentielle de la radio-télé-diffusion : ce qui fait justement l’intérêt d’un programme, c’est que tout le monde le suit en même temps. On joue sur des instincts grégaires, sur le sentiment d’appartenance à une masse. Etre 2 ou 80 000 dans un stade, ce n’est pas la même chose. C’est pareil pour la télé. C’est ce qui fait encore la puissance des médias de masse, et la fait de la pay-per-view ne soit pas, contrairement à ce qu’on croit l’avenir de la télévision.
Mais je suis ouvert. Je m’intéresse à ce format, et vais même tenter d’en faire, pour voir. Après tout, avant de bloguer, je ne comprenais pas vraiment l’intérêt. Donc je suis obligé de nuancer pour en pas avoir à manger un sombrero.
Mais je ne peux m’empêcher de voir dans le podcast le cousin dégénéré et immature de la radio.





