Voici mes commentaires à chaud sur la nouvelle formule du monde.fr éditions abonnés, avec une absence complète de recul et de modération (on est sur un blog, pas un livre blanc, hein ?).
> Page d’accueil : la farandole des polices
Est-ce un probleme de feuille de style ? Sur mon poste j’ai certaines polices à empattements alors que sous un autre poste, j’ai un résultat normal. Personnellement, je trouve les polices sans empattements plus lisibles à l’écran.
Pire : la coexistence des polices avec et sans empattements sur le même bloc de texte. Un méli-mélo vraiment agaçant. D’autant que les surtitres (non cliquables) ont la même apparence que les liens d’approfondissement thématiques. On atteint la faute critique avec les liens "infographie" qui renvoient vers une carte en jpeg. Alors que cette carte aurait été si utile en regard de l’article lui-même.

> Page article : nouvelles fonctionnalités intéressantes
Des pictos (trop chargés en détails) permettent de diminuer la taille de la police, et de classer l’article dans ses archives (éditions abonnés). Par contre, toujours cette satanée police et surtout des intertitres en MAJUSCULES GRAS un peu agressifs.
Cela ne me semble non plus pas une bonne idée d’ouvrir sur la photo en grand format, et d’avoir à scroller pour le texte.
> Une page décrivant la nouvelle formule
Une bonne idée pour les râleurs comme moi.
> Des verbes à l’infinitif pour désigner des rubriques ("Lire", "Débattre", "Voir"…)
Horrible. Le pire de la communication des années 80. Vide de sens, impersonnel, artificiel, non pertinent. Dommage, car ces encadrés semblent être leur grande fierté…
> Des intitulés redondants : à la limite du ridicule
Sur chaque ressource ou en encadré, on nous propose de poursuivre vers des ressources complémentaires, mais sans en nommer le contenu précis. Résultat : une coexistence de liens "visuel interactif", "chat" ou "thématiques" accolés et répétés. Et sans aucune indication sur le contenu précis à moins de cliquer desssus.

Un non sens. Vu également en mode texte, mais avec en plus la primeur des types de contenus (en rouge) sur le contenu lui-même (en bleu) à cause d’un choix de couleur peu fonctionnel.
> Une séparation "Actualités" et "Perspectives" : l’approfondissement dans un ghetto
Ces deux grandes parties, que l’on retrouve mélées sur le journal papier sont ici séparées. Le pire, c’est qu’en dépit des efforts des concepteurs, il n’y a pas de dynamique entre les deux parties.
> Où sont les dates, les auteurs, les sous-titres ?
Franchement, est-ce que la page d’accueil de la partie "opinions" ci-dessous vous donne envie de la lire ?
Est-ce que les titres n’auraient pas mérité une petite ligne de sous-titre ? Ou un petit picto ?
Il n’y a même pas une seule date de mise à jour nulle part, à part sur les dépêches. Je veux bien qu’on soit dans une logique de flux (versus de périodique) mais quand même…
Résultat : une déception cruelle. Je ne fais pourtant pas partie des sceptiques des nouvelles maquettes, pour lequel je suis toujours indulgent. Des risques ont été pris, c’est notoire. Je vais attendre de décanter tout ça, notamment avec une feuille de style corrigée (la police à empattements est vraiment grave…).
Le Monde confond parfois Internet et multimédia. Ils dépensent des fortunes dans des infographies dignes des CD-ROM éducatifs pour écoliers (notamment les "portfolio" sans grand intérêt, ou les "visuels interactifs" qui sont en fait des photos en fondu enchaînés flash).
Franchement, est-ce que c’était vraiment la peine de mobiliser un infographiste pour pondre le visuel cliquable ci-dessous ? Vu le niveau d’interactivité (un roll-over avec les textes en haut), une bonne vieille liste aurait suffi.
Ils oublient de bâtir leur site sur le seul élément qui puisse le structurer et qui est pourtant leur spécialité universelle : le contenu éditorial.
PS : Pour ceux à qui cela avait échappé, il y a quelques semaines Le Monde en papier avait lui aussi toiletté sa maquette. Résultat, la seule bonne idée de la dernière refonte a été passée à la trappe. Le ventre (l’article décalé en une) est maintenant sur la pliure, ce qui empêche de le lire debout dans le métro sans acrobatie.