5/8/2008

[ Cher M. Numericable, ]

Classé dans : — joel ronez @ 11:34

Je me permet de t’écrire sur mon blog, car ton service après-vente est fermé à l’heure qu’il est, et ça tombe bien, car je doute que ton téléconseiller bengali aurait compris toutes les subtilités de mon registre véhément que ma rancœur décuplée par ma soif de vengeance contre ta gueule aurait pu produire.

Je t’écris pour te dire que je te conchies, toi et l’ensemble de tous les cadres et actionnaires de ta maison, passés et futurs. Ton réseau est une vaste bouffonnerie intergalactique, et si je ne me suicide pas sur le champs d’être abonné chez toi depuis 2000, c’est que j’ai décidé de continuer à vivre pour assister un jour je l’espère à ta faillite retentissante.

Cher Numéricable, je suis intimement persuadé que tu es la honte de l’univers des sociétés de service, et ce depuis maintenant une bonne décennie. Même le poivrot du “Balto” au coin de la rue sait que tu as depuis ta création changé 4 fois de nom (Cybercable, Noos, UPC, Numericable) à chaque trop plein de clients mécontents, la dernière crise se soldant par des émeutes dans les magasins et la semi-liquidation du personnel, après laquelle, paradoxalement, le service s’est amélioré pendant quelques semaines.

Cette période réfractaire me fut fatale, car c’est là que j’ai décidé de me réabonner à ton réseau de chiottes, peut-être sous le coup de puissants hallucinogènes, l’histoire ne le dira pas car je n’ai pas pissé dans un bocal (mais je m’apprête à le faire sur ton décodeur).

Je suis même parti de la boutique avec un décodeur numérique HD avec disque dur intégré, celui-là même qui me joue des tours aujourd’hui alors que le concert de Pink Floyd à Pompei passe sur ma chaîne, et qu’à la place je rédiges ce billet, je te laisse imaginer l’état de méchante transe dans lequel je suis.

Cela a commencé par des enregistrement impromptus de chaînes d’Extréme-Orient, au petit jour, provoquant des cocasses scènes d’incompréhensions dans mon ménage (”Chérie, c’est toi qui as enregistré des danses kalmoukes à 5h05 dimanche ????“). Puis cela a continué par de facétieux changements de langue des menus (”Chérie, c’est toi qui a mis le décodeur en Magyar ???“), suivi de joyeux moments de reparamétrages à l’aveuglette (”Tu crois que ça veut dire “paramètres” en Magyar ???“). Ah ah ah, qu’il est bon de rire parfois.

Enfin, nous sommes passés directement au stade de changement de chaîne pendant l’utilisation. Par exemple, on regarde un film terrible où le bandit d’honneur sur son lit de mort révèle le nom du traitre, c’est…. Boum : sur Virgin17, NT1 ou NRJ12 ! Ah ah ah, qu’il est bon de rire parfois.

A coté de tout ça, la désynchronisation d’une demi-seconde entre l’image et le son sur les enregistrements ou le différé transformant tous les programmes en téléfilms mal doublés sont des peccadilles.

Je passe aussi bien entendu sur les 67 euros TTC que je paie pour bénéficier en retour de tout cet assemblage hasardeux et hétéroclite de technologie, alors que tous tes concurrents sont en dessous de la moitié. Je passe aussi sur le fait que les meilleurs tarifs sont réservés à tes nouveaux clients, et pas aux débiles comme moi qui sont abonnés depuis la nuit des temps, selon un principe marketing datant de la nuit des temps, celle où les calèches devaient rouler, et où tes clowns d’ingénieurs ont du faire les choix techniques qui valent encore aujourd’hui.

Je passe aussi sur tes publicités putassières annonçant la fibre dans mon immeuble, que j’ai eu la faiblesse inouïe de prendre pour argent comptant avant de repartir sous le bras avec la yaourtière que tu prétend appeler décodeur, et qui me fait foirer le concert du siècle pile ce soir.

Je me permet donc, cher M. Numéricable, en guise de conclusion, de vouer à nouveau ta mère aux gémonies, et t’assurer que je prépare illico pour demain un petit florilège de patience rentrée pour parler aux méritants prolétaires à qui tu assignes la lourde tâche de rattraper au téléphone les conséquences désastreuses des grossières et misérables options stratégiques et techniques choisies par tes dirigeants indignes.

Sois assuré de mon plus cordial mépris, et du fait que je ne compte pas me désabonner, à moins que tu me rembourses les 10 années d’abonnements dilapidées chez toi. A la place, je vais diligenter un programme de publication hostile, où ma haine glaciale de ta purulente incompétence sera étalée le plus outranciérement possible. Et ne ris pas, je l’ai déjà fait il y a trois ans.

Pour ce soir, ne t’inquiètes pas, je vais me faire un bon DVD, et je vais d’ailleurs en récupérer d’autres dès demain car je penses que comme la dernière fois, tu va mettre au moins 3 semaines avant de rétablir la service, je comprend, c’est compliqué, les 35 heures, le mois d’aout, etc.

Et alors que le crépuscule est déjà tombé sur les toits de la ville, je vais m’endormir en me rappelant la première fois que j’ai eu un contact avec toi, en 2000, ton installateur agréé avait proposé de m’installer un décodeur internet pirate contre 200 euros en liquide (que j’avais décliné), et que je ne m’étais pas méfié, alors que le premier analphabète aurait perçu comme un léger souci dans la pérennité de ta boite.

Bonne soirée, donc, et que la listériose te pousse dans les bureaux pendant l’été.

Signé : le millionième conard de client qui comprend trop tard.

[UPDATE 15h57 le lendemain : Incroyable ! Moins de 24 heures après avoir écrit cette note, Numéricable M'APPELLE de sa propre initiative, et me propose de passer en boutique changer mon décodeur. Je vous tiens au courant du reste de la procédure. Je n'ose me réjouir, mais la bonne foi m'oblige à la signaler]. Ceci dit, au lieu de glander sur la blogosphere, ils feraient mieux de s’occuper de leur réseau pourri :) ]

[UPDATE 2 - 10h20 mercredi 13 aout : Problème réglé. La hot-line m'a rappelé lundi de sa propre initiative a nouveau, voyant que je n'étais pas passé en magasin. Ils m'ont envoyé un technicien qui -magie du mois d'aout ou du shaming - avait un créneau le surlendemain. Il est arrivé à 10h pétantes (pour un rendez-vous entre 10 heures et midi). il a changé la boiboite, m'a fait signer un papier, puis s'est eclipsé... A moi le canoë et la lutte gréco-romaine pour ma journée de RTT... J'ai même la VOD qui marche :) Moralité : un blog vaut mieux que eux tu l'auras à 3,67 euros la minutes. Et maintenant, on sait que Numéricable utilise Blogsearch...]

25/7/2008

[ Lotus Domino, abération contemporaine ]

Nulle autre création humaine que Lotus Domino ne peut illustrer aussi efficacement la notion de spécifications inutiles et de faillite ergonomique. Et faire rire tes amis qui ont Gmail à la place.

La capture ci-dessous a été faite ce vendredi 24 juin 2008, à 1h10. Elle représente le menu déroulant s’affichant sous la commande “répondre”, lors de la lecture d’un mail (qui chez Lotus s’appelle “mémo”, allez comprendre).

Si comme moi tu es plongé dans des abîmes infinis de perplexité à la vue de ces choix pléthoriques, alors tu me rassures. Là où nimporte le plus minable des tâcherons de concepteur aurait avec raison opté pour deux boutons “répondre” et “répondre à tous”, le designer de cette interface homme-machine a voulu prouver que dans le binôme susnommé, force doit rester à la machine, et sans doute qu’il avait de plus grosses couilles que le premier venu.

Il a donc eu cette brillante idée d’encascader des choix d’un usage saugrenu, au cas où quelqu’un aurait l’idée encore plus saugrenue de s’en servir.

Car, même avec 42° de fièvre et une turista affectant notablement la faculté de raisonnement, on ne peut se figurer sérieusement qu’un usager va vraiment éprouver dans sa pratique l’une de ses options (ma préférée restant définitivement la “réponse à l’expéditeur avec historique de type internet“, qui a peut-être quelque fans dans la péninsule du Yucatàn, ça doit être pour ça que je peux pas comprendre).

Il y a également beaucoup à dire également sur les choix graphiques effectués par les équipes de développement de ce logiciel, principalement avant 1987, car selon toute vraisemblance tout travail sérieux a du être stoppé à cette époque.

On résumera ici la Dogma Lotus Domino en matière de design, vous allez voir, c’est assez succinct :

  • tous les pictos seront bannis, sauf trois : la corbeille (pour mettre un message à la poubelle), l’imprimante (pour le mettre à la poubelle aussi, non je déconne, c’est pour imprimer), et la flèche rotative (pour relever le courrier, ce que Lotus appelle réellement “mettre à jour la vue actuelle”, c’est plus simple). Ces pictos seront limités à 10 pixels de coté, grand max, c’est à dire plus petits que le pointeur de la souris, et en une seule couleur.
  • à la place des pictos, priorité sera donnée aux libellés en mode texte, tous redondants, écrits petits, et utilisant une terminologie exclusive à Lotus. Si possible, les termes utilisés pour désigner des choses seront différents dans la version Webmail (Domino) que dans la version client-serveur (Notes, oui, ça existe aussi) : par exemple dans un cas on parlera de “mémo”, dans l’autre “message”, pour désginer ce que l’humanité appelle “e-mail”.
  • le choix des couleurs se résumera à une : le beige pas beau.
  • pour ouvrir les “mémos”, le logiciel fera appel à un pop-up immédiatement bloqué par les fonctionnalités de protection contre les fenêtres publicitaires intempestives. Le délai d’ouverture sera réglé sur “très long”, pour laisser gouter à l’utilisateur le frisson de l’attente.
  • la saisie semi-automatique (ou auto-complétion) des adresses mails sera prohibée, et toute tentative de constituer un carnet d’adresses (et a fortiori de l’utiliser) sera découragée par des manoeuvres dilatoires (la première étant l’impossibilité de consulter ses contacts en mode distant).

Je vous laisse continuer ce catalogue, en rappelant qu’il n’y a ici que de l’authentique.

[UPDATE 24 juillet, 23h : je viens de pleurer de rire tout seul en lisant quelques unes des 80 raisons pour lesquelles "Lotus Notes Sucks", grâce à Padawan. Ne manquez pas cet extraordinaire "Poorly Designed Icons", ou le "Mail Message Shortcut Menu" ]

23/6/2008

[ Télédéclaré ]

Classé dans : — joel ronez @ 11:15

Ami impécunieux et imprévoyant, cher contribuable : demain c’est ta dernière chance, donc ce soir c’est ta fête.

Ce doit être la privilège de l’âge : ce soir, j’ai de l’avance dans ma déclaration de revenu. D’ordinaire, je m’attèle à la tâche aux alentours de 22h30, le soir de l’expiration du délai de la mort qui tue. Mais cette année, foin de procrastination, haro sur le dilettantisme procédural : je m’y prend la veille. 24 heures d’avance, ça ne m’est pas arrivé depuis un temps lointain, où les Ami6 et autres Accadiane peuplaient encore les routes pittoresques de nos provinces, et où les présidents de la République épousaient encore des gros tromblons.

Il faut avouer que c’est pas la mer à boire. Le plus long, c’est toujours de retrouver la déclaration papier, celle où figure 2 numéros nécessaires : le numéro de télédéclarant, et le numéro fiscal. Chez les gens normaux, c’est dans le classeur vert, mais chez moi, c’est quelque part, là, avec “les papiers”.

Ensuite, on peut s’attaquer par la face Nord à l’étape d’authentification du bousin en titane inviolable, avec l’https doré au carbure de tungstène.

Donc résumons nous, pour nos lecteurs suisses pour qui tout ceci n’est que facéties :

  • je me munis de 2 numéros envoyés sur une déclaration papier.
  • je me munis d’un 3ème chiffre (sur un autre document): le revenu fiscal de l’an dernier
  • je supprime mon précédent certificat (car il loge sur un PC aujourd’hui disparu)
  • je recrée derechef mon certificat. Cette étape est primordiale, elle permet à l’administration d’être certaine que c’est bien VOUS qui allez déclarer vos revenus, et pas QUELQU’UN D’AUTRE. Oui, je sais.
  • je remplis les champs demandés, et faisant attention à ne pas me tromper. Si j’ai des enfants non-morts, je les déclare, car je fais des sacrées économies. Si j’ai des enfants morts, outre que c’est pas drôle, et bien d’un strict point de vue fiscal, il vaut mieux que ce soit après 16 ans, et pour faits de guerre.
  • si j’ai des rentes viagères à titre onéreux, je dois déclarer une case en fonction de la date d’entrée en jouissance.
  • si je comprend rien à la phrase du dessus, c’est que je n’ai surement pas de rentes viagères à titre onéreux.
  • si j’ai rempli la case revenu des lignes DC, CH, TS, TR déjà soumis aux prélèvements sociaux sans CSG déductibles, je dois être vraiment chiant dans les soirées entre amis.
  • si j’ai rempli la case GO, j’ai surement voté Sarko (il s’agit des autres revenus distribués et revenus des structures soumises hors de France à un régime fiscal privilégié).
  • si j’ai rempli la case pertes de l’année 2007 sur cession de valeurs mobilières, de droits sociaux et assimilés, je dois surement avoir tout racheté un quart d’heure après avoir vendu, car je suis un petit malin.
  • si j’ai des droits d’auteurs à déclarer, je suis bon pour chercher où ça rentre, car y’a pas de case. Une fois que j’ai trouvé grâce au moteur de recherche interne, je garde mon calme.Par exemple, ci-dessous, le détail qui tue.

    mais cherche mieux, putain...

    Pour les téméraires ayant trouvé le formulaire 2041-GJ, ci-dessous, un grand moment d’humilité fiscale, au premier alinea.

    Liste des exonérations d'imposition concernant les droits d'auteurs

Une fois que j’ai fini tout ça, je repars guilleret jusqu’à la prochaine année fiscale de référence. En attendant, je range le papier bleu des impôts pour le retrouver dans un an. Avec “les papiers”…

PS : je précise tout de même pour les amis commentateurs que je suis assez attaché au principe de l’imposition sur le revenu, et que je supprimerais donc tout commentaire qui sous couvert de bonhomie interactive masquerait de sournois anti-fiscalistes primaires.

17/2/2008

[ Une web réputation pour "web réputation" ]

Classé dans : — joel ronez @ 12:12

Je profite de mon backlink pas trop mauvais, et de mon page rank perfectible mais enviable pour parler de web reputation sans mettre le mien là où apparemment il faudrait.

C’est dingue, quand même ces histoires de web reputation, quand même… Tout ça, parce-qu’il paraît qu’on aurait pas le droit d’utiliser web réputation ?

Blague à part, je m’étonne qu’en pleine époque où la notion de droit d’auteur est moribonde, on trouve encore des gugusses pour déposer des noms communs, et tenter de faire valoir leur droits dessus… D’habitude, je hurle pas avec les loups, mais là ça m’énerve…

Cela finit de me convaincre d’une vieille conviction : le dépôt d’idées, c’est vraiment pour les gens qui en ont pas.

16/1/2008

[ Bon, ça c'est fait ]

Classé dans : — joel ronez @ 12:10

Lu chez Superconnasses :

"Ce n’est pas un geste d’art que d’entretenir l’illusion que Beigbeder a des fans qui s’adonnent au plagiat et qu’écrire sous cocaïne, ça marche. Viens là que je te tue ma belle c’est 19 euros, 159 pages d’une logorrhée prétentieuse et bancale et, à la fin, l’envie de se dire qu’en littérature comme ailleurs, on ne bâtit pas d’édifices à coups de phénomènes de mode."

Lire le billet complet.

L’occasion de créer une nouvelle catégorie dans mon pandémonium taxinomique : "bon, ça, c’est fait!" 

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