24/9/2007

[ En vrac ]

Classé dans : — joel ronez @ 10:32

Une petite collection de liens, dans le style vrac bien connu des blogueurs flemmards mais un peu altruistes quand même.

> Adoptez un wiki personnel, conseil du jour lu chez Sylvie Le Bars. Voir aussi la page CraoWiki. Je suis déjà fan de la pratique, que ce soir pour ma veille ou pour la liste des restos et hotels intéressants lors des déplacements.

> Intéressant début de reflexion de Vincent Berthelot sur le blog des managers intranet :

“Si le web 2.0 est considéré comme le web social son application au sein de nos entreprises devraient donc déboucher sur un web social . Un web sur la confiance de la valeur de chacun des salariés dans son apport à l’intellligence collective, pierre d’édifice, de notre société non plus de la panne mais du savoir. C’est le passage du collaborateur salarié de l’anonymat d’une cible inerte et passive de la communication d’entreprise à celui du « Je » capable d’exprimer ses opinions et émotions”

Je trouve pour ma part qu’il ne va pas assez loin. Que ce soit pour accéder aux ressources ou s’exprimer, choisir ses horaires et ses modes d’organisation, le salarié est encore aujourd’hui considéré comme un mineur irresponsable. C’est toute l’organisation et la perception du travail qui est à revoir, pas les outils.

(Petite remarque agacée en passant aux tenanciers du nécessaire blog B-R-ENT : votre design graphique est proprement inepte et rend vos textes illisibles. Les liens systématiques sur tous les mots avec la vignette Technorati sont le symptôme classique de la fausse bonne idée. Les typos des commentaires sont pixellisés, les rendants impossibles à déchiffrer : je suis obligé de les copier/coller dans Word pour les lire, c’est dire. Pourquoi pas une bonne vieille mise en page avec des textes lisibles ?)

> Je découvre le blog d’Alain Joannes, Journalistiques.fr. Je ne suis a priori d’accord sur rien avec lui (voir un affligeant billet sur LePost.fr), mais il pratique une veille sur des sujets liés aux innovations journalistiques où vous pouvez surement trouver des infos. Auteur également du journalisme à l’ére électronique qui vient de sortir (Ed. Vuibert) au titre délicieusement désuet (cette ère a à mon avis commencé vers 1949), et dont, à lire le pitch, je pense avoir de nombreuses raisons de querelles avec son auteur. RV pris pour une note de lecture ASAP ici-même… L’auteur semble cependant défendre un point de vue qui est le mien (et que j’enseignerai aux étudiants du CFJ cette année) : Internet est un terrain d’enquête pour le journaliste. (Via Danielle Attias, signalé aussi chez Philippe)

> Laurent Beaumont nous invite à la lecture du livre de Jérôme Peignot, De l’écriture à la Typographie. La typographie, sorte de 3ème dimension du texte avant l’heure de l’hypertexte. Saurons-nous réinventer une poésie visuelle dans l’écrit web ?

> et sinon, le Mime Marceau est mort.

21/9/2007

[ Pour la fin des P.A.L.C. (Proxys à la con) ]

Classé dans : — joel ronez @ 3:16

Vous travaillez dans une entreprise ou une collectivité de taille respectable : il y a de fortes chances que l’usage d’Internet ne vous soit sabotée par un PALC (Proxy à la con). Le tour de la question en quelques points, sous l’inspiration d’une note récente de Tubbydev.

Le PALC, c’est quoi ? Le Proxy à la con (PALC) est un dispositif astucieux qui sous couvert de préserver la compétitivité de l’entreprise permet d’obtenir le résultat strictement inverse. En voulant empêcher le salarié de digresser sur des sites dévolus aux loisirs et la discutaille, on le prive en général d’une source d’information nécessaire à l’exercice de son travail.

Le PALC, comment ça marche ? Tu tapes une adresse, et à la place, le navigateur te dit gentiment que tu peux aller te faire foutre, et que ça se passera pas comme ça, non de non. Par exemple, tous les sites à dominante sociale (Dailymotion, Youtube, Myspace, et il parait parfois jusqu’à Typepad) sont  bloqués, avec un message culpabilisant, indiquant que c’est pour “des raisons de sécurité” (pour ton bien, quoi). C’est vrai que dans le métier, on sait tous que des virus épouvantables peuvent infecter ton disque dur si tu regardes une vidéo en ligne, c’est bien connu.

Le PALC, à quoi ça sert ? Principalement à renforcer le sentiment de toute puissance du service informatique qui se fait plaisir à mettre en place des solutions technologiques hors de prix et à jouer au caniche de la direction en lui garantissant un degré de moralité de ses ouailles. Accessoirement, cela fait le bonheur d’éditeurs de logiciels et de SSII qui n’en demandaient pas tant. Parfois, on oppose aussi la préservation de la bande passante comme argument valable, sans réfléchir au fait que l’investissement dans un upgrade de tuyaux couterait peut-être moins cher que dans le moyen de bloquer les données qui passent dedans. Mais pour ça, des fois, il faut réflechir.

Est-ce qu’on peut rire avec le PALC ? Oui, trés. Par exemple, avec un proxy qui bloquerait Typepad, on ne peut pas visiter le site du club informatique des grandes entreprises françaises (Cigref), ni accéder à la veille faite par l’agence de l’environnement et la maîtrise de l’énergie (Ademe), qui sont on le sait de dangereux séditieux rigolards fumeurs de joints. J’ai aussi vu des consultants en communication ne pouvant aller sur des sites de leur propres clients. Ou bien des chefs de produits d’opérateurs de télécommunication ne pouvant se rendre sur des espaces achetés par leur propres régies. On m’a aussi cité le cas du service design produit d’une chaine d’articles de sport qui ne pouvait pas faire de veille sur les articles équestres parce-que le mot “cravache” etait bloqué. Je pense que le nombre de cas ridicule est immense, et si j’ai 5mn, j’ouvre un wiki exprès.

Finalement, c’est quoi le problème principal du PALC ? Si vous le corrélez avec le fait que les postes de travail sont bridés et utilisent des solutions logicielles indéxées sur des pratiques comptables (l’amortissement à 3 ans, ou le crédit-bail à 36 mois) plus que sur des besoins utilisateurs, et bien vous obtenez un paradoxe puissant : les gens sont mieux équipés chez eux pour glander sur Internet qu’au bureau pour travailler et produire de la valeur ajoutée. Un peu comme si un chauffeur de taxi utilisait une Lada pour charger ses clients, pendant qu’un Mercedes attend dans son garage d’aller à Auchan le samedi.

Mon entreprise a un PALC, qu’est-ce que je peux faire ? Rien. Juste te plaindre à la direction des systèmes d’information qui te dira que c’est “pour des raisons de sécurité”, et te conseillera d’aller te servir un café à la machine.

Mais si c’est encore une fois eux qui nous empêchent de bosser, ne pourrait-on pas dissoudre carrément les directions des systèmes d’information, pour gagner du temps ? Oui, c’est une très bonne idée. Merci mon petit de m’avoir posé la question, je sens que je vais encore me faire des amis. Si j’étais pédégé d’un gros machin avec plein de salariés dedans, je dissoudrais effectivement la direction des systèmes d’information pour la scinder en plusieurs unités : le parc et les réseaux (les trucs deja outsourcés), les applications industrielles (appli métiers), la gestion commerciale (la facturation, CRM), et les outils de communication (sites, blogs, wikis, etc.). Je supprimerai le poste de directeur des systèmes d’information, pour rattacher ces petites unités aux services suivants : services généraux, directions des opérations, directions générale ou administrative. Pour les outils de communication, je créérai des petites unités sous la responsabilité de chaque pôle. Le seul lien entre toutes ces unités serait une direction des achats, qui n’aurait qu’une fonction logistique et de négociation, mais à qui on interdirait de faire la moindre préconisation. Et éventuellement un pôle R&D et veille, avec 2 documentalistes et un ingénieur chargés de faire le point sur les usages et dispatcher des infos aux autres services. Voila. J’avais bien dit que le me ferait des amis.

Powered by WordPress