16/1/2008

[ Bon, ça c'est fait ]

Classé dans : — joel ronez @ 12:10

Lu chez Superconnasses :

"Ce n’est pas un geste d’art que d’entretenir l’illusion que Beigbeder a des fans qui s’adonnent au plagiat et qu’écrire sous cocaïne, ça marche. Viens là que je te tue ma belle c’est 19 euros, 159 pages d’une logorrhée prétentieuse et bancale et, à la fin, l’envie de se dire qu’en littérature comme ailleurs, on ne bâtit pas d’édifices à coups de phénomènes de mode."

Lire le billet complet.

L’occasion de créer une nouvelle catégorie dans mon pandémonium taxinomique : "bon, ça, c’est fait!" 

18/12/2007

[ L'écrit web, retirage ]

Classé dans : — joel ronez @ 6:37

Chez Ombres Blanches, à Toulouse le mois dernier, j’ai fait le client mystère. J’ai cherché mon bouquin dans le dédale de rayons, et j’ai fini par le trouver.

Là :

lecritweb1.jpg

Caché sous le rayons “gays”, entre Dominique Wolton et Miguel Benassayag :

lecritweb2.jpg

Merci aux 1000 premiers acheteurs : grâce à eux, on retire une deuxième série de 1000 exemplaires. Du coup, je travaille pour une réédition pour fin 2008, avec ajouts envisagés (microblogging, rubriquage en structure sémantique flottante, et autre joyeusetés)

Plusieurs lecteurs me signalent régulièrement des indisponibilités chez les grands libraires en ligne. Qu’ils sachent que Ombres Blanches et LGDJ en ont tout le temps.

Voir également les infos sur le blog du livre, avec revue de presse et blog en temps réel (via tag ecritweb sur del.icio.us)

11/10/2007

[ Professionnels de la profession : merci ! ]

Classé dans : — joel ronez @ 9:25

L’écrit web vient d’être lu et commenté coup sur coup par deux de mes références Internet préférées, Elie et Laurent, qui n’en disent presque que du bien [EDIT : François les avait précédé il ya un mois, merci François, maintenant tu peux lâcher ce revolver]. Inutile de décrire la bouffée de joie qui m’accable en ce moment présent. Une sensation légère de faire partie d’un réseau d’exigence. Le truc que doivent ressentir les gens à qui on donne un César du meilleur ingénieur du son. C’est pas très spectaculaire vu de l’extérieur, mais pour les récipiendaires, c’est une récompense inespérée décernée par ceux qui comptent le plus : leurs pairs.

31/8/2007

[ Blog Day : lisez des vrais livres ]

Classé dans : — joel ronez @ 11:27

Aujourd’hui, c’est Blog day, et pour la peine, je vous recommande 5 bouquins lus recemment ou non, pour arrêter 5 minutes l’under-culture instantanée dans laquelle on se complait à se vautrer. Je sais, c’est dur, car la plupart des références ci-dessous ne disposent pas de flux RSS, et donc ça se lit assez mal avec votre agrégateur, bande de geeks. De plus, l’usage du lien hypertexte vers des pages en papier n’est pas encore très au point, aussi, je me suis cassé le tronc à recopier des passages, alors faites moi le plaisir de lire voluptueusement lesdites recommandations, petits flemmards.

> Temps machine, de François Bon (Ed. Verdier). Chroniques du crépuscule industriel metallique à l’aube d’une vie d’auteur. Rien que pour cette évocation du soir de labeur intérmaire, au camping où l’on “ouvrait une boite comme cassoulet ou choucroute, chacun la sienne d’un kilo et dès le sac de couchage on s’écroulait dans un sommeil où meuler durait encore” (Editions Verdier, 1993, 11,50 €)

> Le complot contre l’Amérique, de Philip Roth. Une fascinante chronique familiale uchronique (sur le même principe que le maître du Haut-chateau de Philip K. Dick et Fatherland de Robert Harris, c’est à dire basé sur une anticipation à partir de faits passés, en clair : les nazis ont gagné la guerre, que s’est-il passé après). La vie dans une Amérique gagnée par les pogroms dès 1941, alors que le président Lindbergh promulgue sans coup férir des lois raciales invisibles dans un silence collectif où l’assentiment passif est assourdissant (Gallimard, 2006, 22 €, traduction Josée Kamoun)

> Sur le chemin des glaces, de Werner Herzog. En novembre 1974, le cinéaste bien connu et deja bien barré entame un road movie de vagabond, à pied, avec une boussole et des bottes. Un voyage sous les neiges de Munich à Paris, pour venir voir son amie Lotte Eisner, avec l’idée vaguement murmurée que ce périple la sauvera (P.O.L., 1988, 10,98 €).

> La défense Loujine, de Vladimir Nabokov. “Mais il n’y avait plus d’Alexandre Ivanovitch” lit on à la dernière ligne. Petite remarque pour ceux qui liront le livre concernant la précédente citation : je viens de vous bousiller un de mes effets littéraires préférés de Nabokov (avec le fameux “pentapode maudit” de Lolita), je sais, c’est pas sport. Nabokov reste pour moi une énigme : un académisme improbable, doué d’un esprit truqueur et malicieux, et qui raconte à peu près toujours la même histoire dans 80% de ses romans (un jeune homme falot et déraciné se fait souffrir à être l’objet immobile de dépendance imbécile d’une nymphe d’albâtre). Mais sur ce corpus littéraire de russe blanc empesé flotte une légereté esthétique époustouflante (Gallmiard Folio, 1991, 6,60€).

> Comment voyager avec un saumon, d’Umberto Eco. La suite des pastiches et postiches, soit un digest de chroniques parues dans l’Espresso dans les années 80. Certains textes parus avant l’ère numerique sont d’une touchante mais néanmoins désolpilante désuétude (la religion d’un logiciel ou la théorie qui affirme que le Mac est catholique contre-reformateur et le DOS protestant calviniste). Un chapitre entier est consacré à l’usage des points de suspension, ligne de faille entre l’écrivain professionnel, qui l’utilise pour indiquer que le discours pourrait continuer (”à ce sujet, il y aurait encore beaucoup à dire, mais…”) de l’écrivain du dimanche qui cherche ainsi nà se faire pardonner une figure de style qu’il juge hasardeuse (”il était furieux comme… un taureau”) (Livre de Poche, 2005, 5 €)

Note spéciale à mes amis bibliothécaires ou bilbiophiles qui ont la hardiesse de me lire : ne manquez surtout pas les recommandations de lecture à l’approche des vacances (le corpus kabbalistique, adapté aux vacances car les rouleaux originaux se logent aisément dans le sac à dos de l’étudiant parcourant l’Europe avec un billet Bige, ou bien les excellentes Patrologies de l’abbé Migne, tout en déconseillant les Pères grecs jusqu’au Concile de Florence de 1440, à cause des 161 volumes de l’édition greco-latines et les 81 de l’édition latine, alors que les 216 volumes des pères latins jusqu’à 1216 peuvent aisément suffire) et les 18 conseils pour organiser une bibliothèque publique, dont je vous livre ci-dessous le premier pour donner le ton (on trouve une version complete ici) :

1.Les catalogues seront subdivisés au maximum : on veillera à séparer le catalogue des livres de celui des revues, et ceux-ci du catalogue par matières, ainsi que les ouvrages d’acquisition récente des ouvrages d’acquisition plus ancienne. Si possible, l’orthographe de ces deux derniers catalogues sera différente ; par exemple, le mot hiérarchie prendra un H initial dans les acquisitions récentes et un I dans les acquisitions anciennes ; dans les acquisitions récentes, Tchaïkovski s’écrira avec Č, tandis que les acquisitions anciennes l’écriront à la française, avec Tch.[...]

Enfin, sur Eco, lire le chapitre consacré à Alexandrie, sa ville natale, d’un stupéfiante élégance nostalgique et méridionale, dans sa façon d’aimer cette cité des origines qui n’a jamais rien revendiqué :

“Si vous saviez comme on se sent fier en se découvrant fils d’une ville san rhétorique et sans mythe, sans mission et sans vérité”.

NB : après tous ces bons conseils, j’en profite pour déconseiller la lecture d’un ouvrage en particulier : le mode d’emploi de la caméra Sony DCR-PC9E, dont vous trouverez ici une édition PDF rare (comptez cependant une matinée pour le charger directement branché sur un backbone). Le style est ampoulé, l’auteur est empêtré dans un style illisible, et le recours à la table des matières n’est d’aucun secours. La traduction est plutôt baclée. On en ressort au final assez dépité, avec la désagréable impression que l’on a perdu son temps. Et que sa caméra est toujours en panne.

29/8/2007

[ Ils ont lu "l'écrit web", digest ]

Classé dans : — joel ronez @ 11:47

J’ai normalement un blog dédié à ça, mais je tient à signaler ici les récents billets de primo-lecteurs de mon guide pratique sur l’écriture web qui vient de sortir (dispo en librairie le 4 septembre, dernières infos) :

> Jean-Marc Hardy, confrère bruxellois dont le myhtique redaction.be m’a beaucoup appris.

> Emmanuel Parody, d’Ecosphere, qui adjoint à sa note de lecture une remarque pertinente sur la limite du rubriquage arborescent fixe, et préconise ce que j’appelerais la version “sémantique flottante”. On a commencé le débat dans ses commentaires

> Olivier Ertszcheid, dans Affordance.info. Il a écrit la préface, il est donc autorisé à s’éviter un billet en étant “d’accord tout pareil” avec François Bon.

> Deja signalé, Sebastien Bailly auteur de “Bien écrire pour le web”, guide pratique avec exercice et corrigé (dont un sur Rouen que j’ai usé jusqu’à la corde, tant il était parlant).

27/8/2007

[ François Bon, sur "l'écrit web" ]

Classé dans : — joel ronez @ 10:28

Lu sur Tiers Livre :

“Et, bien évidemment, la première spécificité du Net c’est que si on ressemble aux autres on ne risque pas de faire émerger son travail : prenons le risque de la singularité (des phrases longues, des post trop longs), mais on sera d’accord avec [Joël Ronez] sur ce qu’il martèle d’un bout à l’autre du livre, priorité au contenu, les outils Net trouvent leur pertinence à les suivre et les détecter. Un mot concret à cause de son histoire dans la vie de chacun, suscite immédiatement des images mentales et des émotions : alors, en septembre, un peu plus de littérature et un peu moins de rugby, Joël ?”

C’est la conclusion de François Bon sur son site, qui m’a fait l’honneur de lire mon petit ouvrage “l’écrit web” (Ed CFPJ, 128p, 20 €, c’est pas cher, voir le blog). Je suis d’autant plus honoré que François est un écrivain, alors que je me rangerais pour ma part plus volontiers dans la catégorie des écriveurs.

Il nuance certains de mes conseils, notamment sur la nécessité des phrases courtes. Il suffit effectivement de lire François Bon (je suis sur Temps Machine, éd Verdier, à cette heure), pour saisir la variété de nos espaces respectifs.
Heureusement, je ne prétend pas que mes quelques recettes ait une application dans le champs non réglementable de la littérature, me contentant que de celui de la communication, au mieux du journalisme.

Merci à François pour cette lecture attentive et critique de mon livre “tout mince et de fausse humilité“, de la part d’un homme technophile né dans l’industrie lourde du siècle dernier et vibrant de curiosité dans le réseau contemporain.

16/7/2007

[ L'écrit web, le blog du livre ]

Classé dans : — joel ronez @ 10:04

lecritweb1.jpgA la fin du livre, je propose aux lecteurs de se retrouver sur un blog pour toute questions, remarques ou discussions. Après avoir hésité à l’installer sous mon domaine actuel pour en renforcer le backlink, j’ai opté finalement pour un petit biniou rapide sous Typepad (30mn de taf, et des jolies couleurs), outil mutualisé que j’aime bien et qui travaille dur l’ergonomie en ce moment :)

L’adresse : www.lecritweb.com (et la réponse au teasing #3).

[ Tékituvekoi #1, chez TVnomics ]

Classé dans : — joel ronez @ 1:12

tekituvekoi.jpgJérôme Perani lance un format de podcast sympa : “t’es qui tu veux quoi ?”.

J’ai inauguré la série avec un : “joël ronez, je veux des lecteurs pour mon livre“.

J’en ai profité pour donner quelques bonnes adresses de bistro dans ce coin du 12ème que j’habite depuis 2003. Le marché d’Aligre est un passage obligé pour y trainer la savate le dimanche matin, en quête d’un melon ou d’un petit sauvignon vite fait sur la comptoir.

NB : tourné au Bistrologue, angle boulevard Diderot & Crozatier, mon bistro de proximité, avec une magnifique chemise Brutal’s, comme quoi, j’en ai plusieurs.

12/7/2007

[ Teasing / end ]

Classé dans : — joel ronez @ 6:57
lecritweb.jpg

Alleluia, il est sorti : 20 € et toutes ses pages.
Disponibilité en librairie et vente en ligne: début septembre.

En attendant, les warriors motivés peuvent le commander par correspondance aux Editions du CFPJ (règlement par chèque ou virement uniquement, oui je sais).

Demain, réponse au teasing#3.

9/7/2007

[ Teasing #3 ]

Classé dans : — joel ronez @ 3:04

Plus velu, maintenant :

reg_created: 2007-06-21 22:32:26
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owner-name: Joel Ronez

[ Teasing #2]

Classé dans : — joel ronez @ 3:00

ecritweb.jpg

Version de travail, qui a encore permis de détecter 4 coquilles.

22/3/2007

[ Fini ! ]

Classé dans : — joel ronez @ 1:46

Avec un retard manifeste, la patience de bonze de mon éditeur, mais je viens de le finir il y a 10 minutes.

Je tiens, en cet instant solennel, à manifester mon respect et mon admiration la plus profonde à tous ceux qui ont un jour terminé un manuscrit, que ce soit d’un bouquin sur la pose de parquet ou l’oeuf à la coque à travers les âges, peu importe…

Maintenant, je sais ce que c’est, et je me moquerai plus, promis.
A noter que l’apero promis à l’époque n’en sera que plus terrible (d’ici 6 semaines).

9/3/2007

[ Libraires indépendants, librairie d'auteurs & faux débats ]

Classé dans : — joel ronez @ 1:14

François Bon a ré-ouvert sa librairie en ligne, nous apprend Hubert dans La Feuille. Pour les épisodes précédents voir par là. C’est une bonne nouvelle, d’abord parce qu’il a un goût sûr et pointu, et puis qu’il pointe dorénavant sur Ombres Blanches (avec qui j’ai l’honneur de collaborer depuis presque 10 ans).

Mais si je suis d’accord avec Hubert (et également François d’après ce que j’ai compris de nos échanges) pour considérer que l’offre des libraires indépendants sur Internet est encore perfectible en terme d’ambitions et de services, je tiens cependant à m’écarter du reste de l’analyse faite dans ce billet.

Idée reçue principale (je résume): “les libraires ont râlé car François Bon, auteur dit de gauche, envoie ses lecteurs sur le vilain Amazon, au lieu de ramener du trafic à des libraires politiquement cashers.”

Les libraires sont certes parfois un peu byzantins, comme tous les corps de métiers au contact de ce truc bizarre qui s’appelle la culture, mais ce serait faire injure à la plupart d’entre eux que de les prendre pour des affectifs primaires.

Le raisonnement qui s’applique ici est d’une part une inquiètude de se voir dissoudre dans un système marchant dont ils ne maîtrisent plus les codes ni les leviers de pouvoir, d’autre part une revendication légitime de voir les gens qu’ils défendent (les auteurs) ne pas jouer contre eux.

Dans les deux cas, pour être quand même un peu d’accord avec Hubert, c’est en innovant et en proposant des services (aux auteurs, lecteurs, prescripteurs, etc.) qu’ils s’en sortiront, pas en signant des tribunes assassines dans Le Monde des Livres.

Petit rappel des éléments du problème, en 4 points :

- Les libraires indépendants, certes soutenus par une legislation favorable de prix unique, mènent pour la certains d’entre eux des politiques de fonds. C’est à dire que lorsque la FNAC ou Amazon ont physiquement dans leurs étagères 2 titres de François Bon (les derniers), Ombres Blanches en a 25, disponibles à la librairie, ou sous 48 heures dans ta boite aux lettres ami lecteur (si Colissimo est avec toi).

- Amazon est pour l’essentiel une base de données structurée, pas un entrepôt. Son stock se concentre principalement sur les fortes rotations, quand au reste, il est commandé à la demande. Il serait temps de passer au XXIème siècle, et de comprendre que ce que vend Amazon à des clients, ce n’est pas un livre, c’est un formulaire pour prendre une commande, et des meta-données avec un prix. Pourquoi à votre avis la plupart des livres “froids” arrivent dans les 3 semaines ? Faite un test : comparez les délais de livraison en neuf de nimporte quel grand auteur, entre Ombres Blanches ou Saurramps et Amazon.

- Maintenant, sur la “MarketPlace” Amazon: à votre avis, pourquoi Amazon s’intéresse t’il de si près aux libraires ? Surtout ceux qui n’ont pas sites, d’ailleurs ? Pour augmenter ses références, et son stock. A lui la base de données, les commissions, aux libraires les cartons. Même plus besoin de délocaliser en Chine, il suffit des arrières boutiques de ses affiliés. Voila pour l’étape 1.

- Pour l’étape 2, un peu de prospective. Une fois qu’Amazon s’est débarrassé de son stock et s’est rendu incontournable pour le chiffre d’affaires de ses affiliés, il les fait passer à la caisse : “bon, jusque là on a été gentils, mais maintenant c’est XX% de plus pour nous“… Cries d’orfraies, indignation, puis tout le monde rentrera vraisemblablement dans le rang.

Pour la petite histoire, rappelons que ce modèle est tout bonnement comparable à celui de Kelkoo (on vous référence gratuitement au début, on vous amène du trafic et du CA, on est maître des conditions de commissions sinon on vous déréférence), que son fondateur est en train de rééditer avec Wikio, sur les news.

Vous comprendrez donc que certains libraires trouvent un peu gros de voir leur métier ramené au labeur, et cherchent à rappeler à certains des leurs, ou aux auteurs dont ils font vivre la littérature, que ceux-ci ont aussi intérêt à jouer le jeu avec leurs alliés.

Tous les libraires sont malheureusement loin d’avoir analysé avec acuité les enjeux liés à Internet, mais il faut aussi comprendre que cette activité n’est pas homogène, dans ses idées, ses moyens, ses stratégies et ses intérêts. Et qu’on ne peut systématiquement et collectivement les réduire à des reflexes corporatistes et conservateurs. Protéger ses intérêts n’est pas forcément illégitime, que ce soit au niveau du symbole ou du chiffre d’affaires.

Sur ce, rendez-vous au Salon du Livre pour la suite annoncée des évènements, et a priori quelques surprises.

[MISE A JOUR - 12 MARS : Voir le billet de François Bon sur sa librairie.]

22/1/2007

[ Livre à la découpe ]

Classé dans : — joel ronez @ 10:00

C’est (bientôt) parti, affirme Olivier, qui l’avait déjà évoqué dans sa contribution aux Cahiers de la Librairie. Voici ce que j’avais dit pour ma part dans la mienne, en décrivant la rupture dans le rapport au temps née de la vie sous Internet :

Dans le domaine de la presse, c’est l’espagnol « 24 Horas », qui a ouvert le bal de la version en ligne téléchargeable et actualisée toute la journée. Ainsi, deux personnes téléchargeant et imprimant le même journal à 1 heure d’intervalle n’ont pas entre les mains le même contenu, mais le contenu le plus approprié par rapport au moment de leur demande.

Alors qu’une imprimante encore expérimentale peut fabriquer (entendre imprimer, relier et massicoter proprement) un livre en quelques minutes sans intervention humaine , nous devons rapidement imaginer le moment où les encyclopédies aurons elles aussi des centaines ou des milliers d’éditions dans l’année, où l’on pourra commander uniquement le chapitre consacré à la lettre C du Larousse, ou la version de mai du «Lonely Planet» sur le Vietnam.

Ces machines feront vraisemblablement le bonheur des bibliophiles, qui tels les philatélistes seront à l’affût des micros éditions unitaires rares. Mais la possibilité grégaire de se retrouver collectivement dans un exemplaire symboliquement partagé avec des milliers d’autres lecteurs disparaît avec l’exigence absolue de disposer d’un contenu correspondant à son contexte temporel.”

Et un peu plus loin, confrontant le livre à l’ère de l’hypertexte :

“Un des défis les plus difficiles à cerner dans l’avènement de la culture numérique d’aujourd’hui concerne les coups de boutoirs portés à l’unité légitime de contenu. Le livre (entendre : un ensemble de pages non modifiables et indivisibles) a traversé les siècles, pour se retrouver aujourd’hui en délicatesse avec la culture du fragment.

L’hypertexte valorise les contenus parcellaires, en pointant vers des zones précises d’un ensemble de textes, d’images ou de son. La notion de «téléchargement» est presque obsolète avant d’avoir vécue. On ne s’intéresse pas à un corpus, mais à une brique.

De la même manière que Radio Classique diffuse le boléro de Ravel raboté à ses derniers mouvements, que l’on achète plus des albums mais des titres, et qu’on ne visionne plus des films, mais des séquences, le livre sera-t-il réduit à ses pages ?”

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