19/1/2007

[ Blogs, wikis, RSS, le social software pour la veille et les services info doc ]

Classé dans : — joel ronez @ 4:16

Je serais les 8 et 9 février à Bordeaux pour animer ce stage à l’URFIST (voir le blog des Urfist).

Outre mon activité de conseil aux médias, j’interviens régulièrement sur le thème de la veille et des blogs. Je trouve passionnante la thématique liée à la collecte et la diffusion de l’information. Le fait d’être impliqué sur ces deux fronts (presse/veille professionnelle) me permet ainsi bénéficier d’une bonne implication dans les usages, les outils, les logiques humaines et les stratégies liées à l’information, dans deux contextes différents mais qui se touchent. La difficulté est parfois de maintenir une veille sur des domaines et des sources pas toujours connexes…

J’interviens aussi régulièrement pour Comundi/Reed Business sur ces thémes. J’ai passé en décembre 2 jours très enrichissant à Angers avec toute l’équipe de documentation de l’ADEME. Fait rarissime, tout le service au grand complet était en formation, avec son directeur Laurent Morice.

Il faut croire que la formation a produit ses effets, car ils viennent de mettre en place un portail interne de blog de veille, avec Typepad (qui reste toujours selon moi le meilleur outil pour ce type d’usage). De l’aveu même de Laurent, ils ont été remués par ce que j’ai pu leur dire sur la nécessité de diffuser de l’info pour que celle-ci vous revienne (effet hameçon, dont j’ai parlé et ).

ademe.jpg

Les “blogs veille” de l’ADEME fonctionnent de la manière suivante :

- chaque blog est circonscrit à un thème (la veille, le web, la politique énergétique, etc..). Ils sont alimentés par un ou plusieurs contributeurs.

- ils sont principalement constitué de notes lues ailleurs et copiées/collées pour partie, avec lien vers la source.

- les catégories sont mises à contribution pour constituer un début de folksonomie, avec la reprise en “catégory cloud”, les catégories jouant ici le rôle de tag (mais ce système peut évoluer par la suite vers un taguage par les auteurs)

- les blogs ne sont pas conçus comme un contenu ouvert au public. Mais ils le sont quand même.


Cette ouverture est une donnée très positive pour le bon fonctionnement du système :

- elle permet pour commencer à tous les collaborateurs de l’ADEME, permanents ou non, et quel que soit son réseau ou son site de rattachement, d’avoir accès au système, y compris le soir chez lui

- elle donne une chance au support d’évoluer

- elle motive les rédacteurs, maintenus en éveil par une éventuelle audience, fut-elle pointue ou technique

- elle met en oeuvre un gain essentiel de l’Internet contemporain: à savoir le partage de contenu généré par des professionnels qui n’a pas une valeur confidentielle, mais dont l’accès ouvert ne représente pas un préjudice.

Je m’explique : à l’ADEME, on n’emploie pas que des professionnels de l’énergie, on emploie aussi des professionnels de l’information :

- D’un point de vue interne : ces derniers peuvent parfois se retrouver isolés dans l’exercice de leur profession, et le principe du blog leur permet de tisser des relations dans d’auutres sphère, et de recueillir des informations dans leur intérêt.

- D’un point de vue externe, il serait dommage que tout cette bonne veille soit perdue pour la collectivité. D’autant que pour la majorité, elle a été produite avec des fonds publics, dans un secteur non concurrentiel (je rejoins d’ailleurs la lutte armée d’Olivier, qui relaie une pétition sur le sujet),

L’intérêt est aussi dans l’exigence qualitative ciblée qui est mise en oeuvre sur ce type de support. En clair : il s’agit non pas de simples blogs, mais de produits documentaires professionnels, pour un public connu et qualifié, et utilisant le blog. On bénéficie sans être salarié de ladite structure, d’une partie de son savoir-faire, de ses sources et de sa capacité à mettre en forme un contenu pour une audience.

Je prédis donc au service doc de l’ADEME de belles satisfactions devant eux avec la prise en main de ces outils. Pour ma part, je m’abonne à leur flux Web 2.0. Bonne continuation.

4/12/2006

[ Forum Intranet : où est l'intranet social ? ]

Classé dans : — joel ronez @ 10:59

forum-benchmark1.jpgJe suis intervenu mardi dernier lors du forum Benchmark “Intranet, la nouvelle dynamique” dans la table ronde sur les blogs et wikis. Une journée riche, suivie le lendemain par un séminaire que j’animais sur ce même thème.

Je n’ai pu m’empêcher de faire un peu le malin professionnel en prenant le contrepied du discours ambiant. Depuis le début de la matinée, je n’entendais parler que de “déploiement”,de “rationnalisation des usages”, de “eRooms”, de “communautés de pratiques”, de “contrôle des contenus”, de “vérification”, et plein d’autres termes liés à la projetologie informatique.

J’ai tenté d’expliquer que la façon dont je concevais mon activité était dans une logique totalement inverse (et complémentaire, ça c’est pour être constructif) avec tout ce que j’entendais. Les blogs ne sont pas des formats qui partent du haut pour être déployés, mais des outils dont les gens doivent pouvoir se saisir illico, en fonction des besoins, et ce sans avoir à passer par les fourches caudines d’une direction ou d’un service.

J’ai expliqué également qu’il ne nous fallait pas se tromper de combat, en cherchant des solutions pour lutter contre “l’infobésité”. Nous sommes dans une civilisation de la profusion d’information, où les correspondances deviennent pour partie publiques, et où le numérique garde trace également de l’inutile. Nous sommes les deux pieds dans la surabondance informationnelle. Et pour s’en sortir, il ne faut pas chercher à appliquer les méthodes, les outils, les consignes, les workflows et les reflexes hérités de l’époque du papier.

Il faut au contraire en prendre le parti, et parier sur d’autres modes d’organisation et de mise en valeur du savoir. “The killer application is the people“, disait Yossi Vardi dans la première conférence de Loïc (les blogs @u Senat, 2004). Donnons des outils aux gens pour organiser aux même leurs informations, leurs veilles, leurs production de données, et cherchons à rendre efficaces et lisibles les procédés alternatifs de classification de l’information. Généralisons les pratiques popularisées avec le social bookmarking (pseudo et tags servant de pivot de navigation), et utilisons le XML pour bâtir des stratégies de publication et de recherche automatique par différents indicateurs (auteurs, dates, mot-clefs, catégories, fréquence, taille, type de documents, etc.).

En un mot, donnons enfin naissance à l’intranet social. Celui qui se base sur des échanges et pas sur des consignes.

Pour discuter de tout cela, nous avons eu un déjeuner trés animé, devant une moitié de table médusée devant tant de braillards. Vincent Berthelot occupait avec brio et rhétorique le rôle du grincheux 2.0 (”pas d’accord pour des fermes industrielles de blogs, moi je veux du bio“), Patrick Barrabé alimentait volubilement le débat, Padawan n’en pensait pas moins, Gilbert Reveillon comptait les coups, et Xavier Aucompte n’était même pas là, mais il s’est vengé plus tard dans un billet.

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