26/6/2008

[ Viteuf, again ]

Classé dans : — joel ronez @ 11:47

Je suis à La Rochelle, au Sunny Side of the docs jusqu’à demain. Nous sommes sur la piste des contenus crossmedia de demain, et nous flairons deja des bonnes prises…

En attendant, pendant que je suis pas là, le site web part à vau-l’eau, il paraît même qu’on va bientôt avoir du Hip-Hop dessus, et qu’on demande aux internautes de faire le boulot tout seuls

23/6/2008

[ Télédéclaré ]

Classé dans : — joel ronez @ 11:15

Ami impécunieux et imprévoyant, cher contribuable : demain c’est ta dernière chance, donc ce soir c’est ta fête.

Ce doit être la privilège de l’âge : ce soir, j’ai de l’avance dans ma déclaration de revenu. D’ordinaire, je m’attèle à la tâche aux alentours de 22h30, le soir de l’expiration du délai de la mort qui tue. Mais cette année, foin de procrastination, haro sur le dilettantisme procédural : je m’y prend la veille. 24 heures d’avance, ça ne m’est pas arrivé depuis un temps lointain, où les Ami6 et autres Accadiane peuplaient encore les routes pittoresques de nos provinces, et où les présidents de la République épousaient encore des gros tromblons.

Il faut avouer que c’est pas la mer à boire. Le plus long, c’est toujours de retrouver la déclaration papier, celle où figure 2 numéros nécessaires : le numéro de télédéclarant, et le numéro fiscal. Chez les gens normaux, c’est dans le classeur vert, mais chez moi, c’est quelque part, là, avec “les papiers”.

Ensuite, on peut s’attaquer par la face Nord à l’étape d’authentification du bousin en titane inviolable, avec l’https doré au carbure de tungstène.

Donc résumons nous, pour nos lecteurs suisses pour qui tout ceci n’est que facéties :

  • je me munis de 2 numéros envoyés sur une déclaration papier.
  • je me munis d’un 3ème chiffre (sur un autre document): le revenu fiscal de l’an dernier
  • je supprime mon précédent certificat (car il loge sur un PC aujourd’hui disparu)
  • je recrée derechef mon certificat. Cette étape est primordiale, elle permet à l’administration d’être certaine que c’est bien VOUS qui allez déclarer vos revenus, et pas QUELQU’UN D’AUTRE. Oui, je sais.
  • je remplis les champs demandés, et faisant attention à ne pas me tromper. Si j’ai des enfants non-morts, je les déclare, car je fais des sacrées économies. Si j’ai des enfants morts, outre que c’est pas drôle, et bien d’un strict point de vue fiscal, il vaut mieux que ce soit après 16 ans, et pour faits de guerre.
  • si j’ai des rentes viagères à titre onéreux, je dois déclarer une case en fonction de la date d’entrée en jouissance.
  • si je comprend rien à la phrase du dessus, c’est que je n’ai surement pas de rentes viagères à titre onéreux.
  • si j’ai rempli la case revenu des lignes DC, CH, TS, TR déjà soumis aux prélèvements sociaux sans CSG déductibles, je dois être vraiment chiant dans les soirées entre amis.
  • si j’ai rempli la case GO, j’ai surement voté Sarko (il s’agit des autres revenus distribués et revenus des structures soumises hors de France à un régime fiscal privilégié).
  • si j’ai rempli la case pertes de l’année 2007 sur cession de valeurs mobilières, de droits sociaux et assimilés, je dois surement avoir tout racheté un quart d’heure après avoir vendu, car je suis un petit malin.
  • si j’ai des droits d’auteurs à déclarer, je suis bon pour chercher où ça rentre, car y’a pas de case. Une fois que j’ai trouvé grâce au moteur de recherche interne, je garde mon calme.Par exemple, ci-dessous, le détail qui tue.

    mais cherche mieux, putain...

    Pour les téméraires ayant trouvé le formulaire 2041-GJ, ci-dessous, un grand moment d’humilité fiscale, au premier alinea.

    Liste des exonérations d'imposition concernant les droits d'auteurs

Une fois que j’ai fini tout ça, je repars guilleret jusqu’à la prochaine année fiscale de référence. En attendant, je range le papier bleu des impôts pour le retrouver dans un an. Avec “les papiers”…

PS : je précise tout de même pour les amis commentateurs que je suis assez attaché au principe de l’imposition sur le revenu, et que je supprimerais donc tout commentaire qui sous couvert de bonhomie interactive masquerait de sournois anti-fiscalistes primaires.

14/6/2008

[ Animer les commentaires ]

Classé dans : — joel ronez @ 11:28

A défaut de publier régulièrement, j’en profite pour ambiancer un vieux post.

30/5/2008

[ Teasing #2 ]

Classé dans : — joel ronez @ 4:45

Enjoy.


Summer of the 70s : James Brown
envoyé par arte

15/5/2008

[ "PNC aux portes..." ]

Classé dans : — joel ronez @ 10:38

Vous avez remarqué ? Je suis pas souvent là. J’ai écumé un peu les cénacles d’experts : après Toronto, j’ai filé à Lucerne (Suisse) pour le sommet cross-média de l’UER. Et là, je pars à Cannes pour un petit festival de cinematographe.

 Aeroport de Francfort, jolie mois d'avril 2008

Je vous promet, à défaut de compte-rendu (projet qui s’apparenterait à de la science-fiction, en ce moment), une collection de liens qui déchirent dès que je met la main sur une heure de temps libre.

 

22/4/2008

[ A Toronto, pour Hot Docs ]

Classé dans : — joel ronez @ 10:29

(Et non les Hots d’Or, c’est trop facile).

 

Je pars demain pour le Canada, invité à faire partie d’un groupe de professionnels des nouveaux médias chargés de donner leurs points de vue argumentés sur les travaux menés dans le cadre d’un "interactive boot camp" par 4 équipes de documentaristes. J’interviendrai également dans une table ronde intitulée "Who is who in the digital Docland", et j’appréhende quand même un peu d’aller si loin parler de sujets dont les contours sont récents pour moi entourés de plein de gens qui ont l’air assez calés (en clair, je flippe grave, mais ça ira mieux après).

Si vous avez des adresses à Toronto, au fait, je prend en commentaires. 

[UPDATE - 24 avril, 14h heure locale : ça y est, le panel est passé, je m'en suis sorti, malgré une assez intimidante brochette de réalisateurs et producteurs multimedias  qui parlaient en anglais trop vite] 

21/4/2008

[ I sHuD haZ wEar mAh SuNgLaSSes ]

Classé dans : — joel ronez @ 10:41

68bis, la grande opération de retroblogging ouverte avec les petits gars de Fresh bat son plein sur arte.tv/mai68. Nous en sommes maintenant au stade des lolcatz pompidoliens, dont voici un de mes préférés (fourni participativement par Clément).

 

 

 

Rappel des objectifs de l’opération pour l’équipe web d’Arte :

- mettre en avant une chronologie des évènements, de manière vivante
- servir de relais à la programmation thématique sur Arte ("point fort" antenne)
- s’appuyer sur les ressources du réseau, et mettre en valeur la participation
- permettre aux visiteurs de s’approprier les contenus
- proposer une autre clé d’entrée dans les contenus, notamment audio-visuels
- trouver un angle inédit
- tenter une collaboration avec une équipe externe

Il s’agit d’une tentative, dont les contours s’écrivent aussi en cours de route. Ce projet a été monté très rapidement, et nous permet de tester nos capacités à s’organiser autrement et s’approprier un mode d’expression.

Quelques infos concretes:

- plate-forme Wordpress, blog design by blogagency (crédits complets ici)
- environ 3 billets par jour
- revue de web en continu via del.icio.us/ronez/68bis
- stats via Google Analytics. Nous utilisons weborama pour l’ensemble du site, mais nous ne disposons que d’un tag générique pour tout le dossier mai68. J’ai donc installé un comptage supplémentaire via l’outil de Google (résultats : 1 940 visites depuis mardi soir, et 51 sites référents, pour un total de 18 000 visiteurs uniques sur l’ensemble du dossier mai 68 coté FR).

Pour le wiki, le démarrage est assez soft : 588 VU depuis mardi. Peu de mises à jour pour l’instant, il est vrai le concept est loin d’être tout à fait grand public. Mais on persévère…

 

 

 

15/4/2008

[ Mai 68 sur Arte.tv ]

Classé dans : — joel ronez @ 6:49

Pendant que je ne publiais pas sur ce blog, j’étais en train d’apprendre un nouveau métier. Voici en avant première deux petits projets lancés ce soir, à l’occasion de la première soirée mai 68 sur Arte.

> Le blog 68bis : on refait 68 avec les vrais faits historiques et sociaux, mais avec le web d’aujourd’hui. Un téléscopage narratif entre deux époques, à travers la plume alerte d’un dénommé François Mansot. Vous pouvez lire nos histoires, faire la vôtre, ou consulter les documents d’époques relus, revus. Bonus : on peut même s’abonner en RSS au vrai fil AFP de l’époque (un exclusivité). Sur une idée originale de Dom W et Chryde (Fresh media), produit par Arte France. 

> le lexique franco-allemand de mai 68, en wiki. Sur la base de 68 mots fournis par notre rédaction allemande et traduit, modifiez ces définitions, ajoutez les votres pour raconter en wiki mai 68 avec style.

 

25/3/2008

[ Les chronologies bizarres de l'information ]

Classé dans : — joel ronez @ 11:53

Thierry Gilardi est mort ce soir, je l’ai appris sur Facebook.

C’était via la status line de Laurent.

Aujourd’hui, l’info chaude va plus vite que les médias, même les plus chauds : Lepost.fr est allé se coucher (Ben alors, Benoît, c’est quoi cette info minute par minute aux heures des bureaux :) ), et 20minutes a publié l’info dans les premiers, mais avec près de 3 heures de retard… sur Wikipédia, où quelqu’un a modifié la page à 19h25, soit 2h20 avant que Rolland Courbis n’en parle sur RMC au téléphone vers 21h45 (annoncé sur le site de la radio à 22h09).

Conclusion hâtive en forme de maxime à la con : l’info n’est jamais là où elle devrait, et moins tu la cherches là où elle est, plus tu la trouves. Et aussi la contre-maxime corollaire qui va avec : le web, c’est bien pour reconstituer la chronologie qui nous échappe…

(Une pensée pour Thierry Gilardi, d’une part parce-qu’il faisait son métier avec une forme heureuse de conviction, et une absence honorable de mauvais gout dans une discipline qui n’en est pas exempte, et d’autre part, parce-que ses proches doivent penser qu’il aurait pu attendre quelques années avant de rejoindre la mauvaise catégorie…)

 

25/2/2008

[ Christophe Barbier, sur les médias en 2028 ]

Classé dans : — joel ronez @ 4:01

Parmi l’ensemble des interventions des 15 professionnels des médias qui étaient amenés à répondre en public jeudi soir lors de la soirée Medias 2028, il faut absolument visionner celle de Christophe Barbier (ici aussi), qui se livre à un grand numéro sans en édulcorer les chiffres précis. Un pur exercice de style, du grand style.

 

23/2/2008

[ Medias 2028, la soirée ]

Classé dans : — joel ronez @ 12:21

C’était hier, et c’était le point d’orgue du travail fait en commun par mes étudiants du mastère médias ESCP-EAP. En attendant les vidéos intégrales, le teaser.


19/2/2008

[ Nominé ]

Classé dans : — joel ronez @ 4:17

Lu dans CBnewsletter de ce jour, au chapitre "Nominations" : 

 L'image “http://blog.ronez.net/wp-content/uploads/2008/02/cbnews.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

J’en profite pour remercier toute l’équipe technique, et aussi ma famille sans qui rien de tout cela n’aurait été possible, etc. Merci également à tous ceux qui m’adressent leurs félicitations, je suis en plein ego-trip total aujourd’hui :)

Bon, assez ri, maintenant au taf (je commence demain matin…).  

17/2/2008

[ Une web réputation pour "web réputation" ]

Classé dans : — joel ronez @ 12:12

Je profite de mon backlink pas trop mauvais, et de mon page rank perfectible mais enviable pour parler de web reputation sans mettre le mien là où apparemment il faudrait.

C’est dingue, quand même ces histoires de web reputation, quand même… Tout ça, parce-qu’il paraît qu’on aurait pas le droit d’utiliser web réputation ?

Blague à part, je m’étonne qu’en pleine époque où la notion de droit d’auteur est moribonde, on trouve encore des gugusses pour déposer des noms communs, et tenter de faire valoir leur droits dessus… D’habitude, je hurle pas avec les loups, mais là ça m’énerve…

Cela finit de me convaincre d’une vieille conviction : le dépôt d’idées, c’est vraiment pour les gens qui en ont pas.

8/2/2008

[ Viteuf' ]

Classé dans : — joel ronez @ 10:10

Quelques liens vite fait, dans mon del.icio.us et ailleurs :

> Damien Van Achter cite mon billet sur l’hypertexte et les médias dans le dernier six35 de Nico Voisin (je les remercie tous les deux). Du coup, j’ai fini par aller visiter le site, et faire mon petit tour. Je salue la tentative, je crois aux formats natifs web. J’apprécie les vidéos indexées, les liens vers les ressources citées. Petits critiques : pas d’embbed, et permalien planqué, pourquoi? Et un format, une écriture encore un peu trop télé. Allez, Nico, fais nous un pur truc web, on sait que tu peux…

> Avec mes étudiants du mastère médias de l’ESCP-EAP, on travaille sur un blog collectif de prospective : les médias en 2028. En gros, on se pose toutes les questions sur le sujet, et on invite des gens à y refléchir avec nous. Allez y faire un tour, y’a aussi un groupe Facebook.  Ils ont deja attrapé quelques beaux poissons pour leurs interviews : Olivier Ertszcheid, Hubert Guillaud, Laurent Beccaria, Nicolas Voisin (encore lui…), Frédéric Shlesinger, Eric Mettout… A venir, encore beaucoup de monde : David Pujadas, Emmanuel Parody, Jerome Perani, François Bon, etc. Le point d’orgue de tout ça : une soirée de gala pour les 20 ans du master le 21 février. On doit pouvoir trouver des invitations (demander aux admin dans Facebook…)

> La France en carte Cassini dans Google Maps (via Ecrans). 

> Embruns en vacances, c’est nul. 

> George Orwell, 5 Rules For Effective Writing, sur Pickthebrain (voir le texte original ici, pas lu en entier).
En fait, elles sont 6, et ma préférée est la dernière.

  1. Never use a metaphor, simile, or other figure of speech which you are used to seeing in print.
  2. Never use a long word where a short one will do.
  3. If it is possible to cut a word out, always cut it out.
  4. Never use the passive where you can use the active.
  5. Never use a foreign phrase, a scientific word, or a jargon word if you can think of an everyday English equivalent.
  6. Break any of these rules sooner than say anything outright barbarous.

Cela me rappelle une répartie éternelle de ma longue carrière de formateur en écriture web : on peut d’affranchir des règles quand on veut, à partir du moment où on les maitrise.

 

[ J'ai un nouveau métier ]

Classé dans : — joel ronez @ 5:12

Après les signes avant-courreurs, l’info : à compter du 20 février, je deviens responsable du pôle web d’Arte France. Ce qui signifie rien de moins qu’un tournant radical dans ma vie profesionnelle et personnelle, et me rend heureux comme un moineau.

Cette proposition, que j’ai acceptée il y a quelques jours, s’est finalement imposé à moi comme une évidence :

- Après 5 ans d’expertise et de conseil auprès des entreprises et des médias, le temps était venu de mettre en application coté éditeur les valeurs que je préconise tout azimut en tant que consultant.

- Je ressentais tapi en moi l’envie de changer de rythme, de me consacrer à un projet complet, sur la durée, et non plus à plusieurs projets en simultané. Certes, les sprints permanents entre les disciplines ont l’avantage inouï de pouvoir rester alerte, dans une position de précarité fructueuse, tendant toujours vers le renouvellement. Mais ils finissent aussi par frustrer d’être privé de la fin de l’histoire, et de la satisfaction de l’aboutissement.

- A Arte, je travaillerais au quotidien avec une équipe. J’espère être en mesure de mener avec eux de nombreux projets, et les aider au mieux à les réussir. Dans mon petit commerce de conseil, j’étais plus solitaire, quoique toujours entouré. Cette contrepartie de la liberté ne m’a pas vraiment dérangé jusque là. Mais la perspective de travailler de manière suivie au contact de nombreuses compétences, en interne et ailleurs, a fini par me titiller, et me convaincre.

- L’ambition n’est rien moins que contribuer à inventer en ligne le futur d’un média, et pas nimporte lequel. Il y a de nombreuses opportunités pour créer et mettre en place des projets sur l’ecosystème web. J’espère là aussi être utile, à mon niveau.

- Arte est une chaine véritablement bi-nationale, objet unique, et au résultat si fascinant. Je ne parle pas allemand, mais j’ai une véritable foi en la nécessité supra-nationale. Ne serait-ce que parce-que c’est la seule manière pour nous de se libérer de nos piètres décideurs locaux. Je me donne donc pour commencer 2 ans pour pouvoir écrire dans la langue des grands voisins (comme si j’allais pas avoir assez de boulot comme ça :) ).

- Arte, c’est la chaine des Thema, de Tracks, de Summer Of Love, de Court-Circuit… Etre en mesure de mettre en oeuvre et de piloter une stratégie web est quand même, il faut le dire, un luxe inouï, et j’espère en être digne.

En attendant, quelques petites infos pratiques :

- ce blog reste ouvert, et plus que jamais.

- la raison sociale [Cup Of Tea] SARL continue également sa vie. Je n’en serais qu’associé, et non gérant. Et je mène jusqu’à leur terme les missions en cours. Marie, ma collaboratrice, reste également en poste, elle a un planning garni.

- euh… d’ici quelques semaines, apéro à prévoir. 

 

31/1/2008

[ Ecosystème web, hypertexte & médias ]

Classé dans : — joel ronez @ 6:11

Au pied d’un billet de Laurent (qui n’aime pas Le Post.fr contrairement à moi) un excellent commentaire de "tardif" (qu’il se signale ici s’il se reconnait), auquel je souscris presque mot pour mot, et que je reprend in extenso :

"[...] Avez-vous déjà compté le nombre de liens sortants depuis les sites de journaux comme Le Monde, Libération ou Le Figaro ? Il n’y en a pas. Tous ces sites sont des cul-de-sac du web !

Dans les sites de presse classique, il n’y a que le Nouvel Obs qui joue le jeu de proposer une sélection de liens externes pour compléter l’info d’un article.

Tous les autres sites sont refermés sur eux-mêmes et considèrent leur lecteurs comme une sorte de captif, que l’on doit empêcher de partir, retenir prisonnier.

A mon avis, c’est un symptôme très clair de la grande difficulté des journalistes venant du papier à comprendre la logique du net comme un réseau de liens, dont chaque point n’est qu’un noeud, une bifurcation vers ailleurs.

Ils raisonnent en "captage d’attention" du lecteur selon les mêmes techniques professionnelles que sur le papier. Ils ne voient leur site qu’à travers sa Une, comme un journal, alors que leurs statistiques de consultation leurs indiquent pourtant bien que ce n’est pas le chemin d’accès principal (la moitié de leur trafic vient de Google et va directement au coeur du site, le reste se repartit entre l’accès direct à la une, les flux RSS et les liens entrant).

lepost.fr est la première expérience issue de la presse classique a tenter de faire exploser cette vision étriquée des sites de presse. Alors en effet, ça devient une sorte d’auberge espagnole. On va sur le site du Monde, ou de Libé, etc. Mais on passe par celui du Post, de lien en lien, comme sur un blog… et on trouve sur le post.fr tout et n’importe quoi, comme sur n’importe quelle plate-forme de blogs.

C’est un très gros effort intellectuel pour un journaliste venant du papier de comprendre ce fonctionnement radicalement différent de ce qu’il connaît et de ce qu’il maîtrise."

Je me dépense beaucoup et depuis longtemps pour expliquer la logique hypertexte aux éditeurs, rédacteurs, journalistes. Cela fait d’ailleurs l’objet de plusieurs passages de mon livre, parmi lesquels j’ai extrait celui-ci :

"Votre texte est bien souvent un point de départ vers d’autres ressources. Ne vous privez pas de renforcer votre texte par des ressources complémentaires qui seront autant de pistes à explorer pour votre lecteur.

Ne tombez pas dans le piège de ne pas proposer de liens pour « ne pas encourager le lecteur à quitter votre site ». Ce réflexe est contre productif. Quand le lecteur a décidé de changer de page, ce n’est pas en lui murant les portes de sortie que vous allez gagner sa sympathie. Au contraire : jouez le jeu à fond. Faite en sorte de lui faire gagner du temps, en lui permettant de poursuivre son chemin hypertexte.

N’oubliez pas que votre page web n’a de sens que si elle est incluse dans un processus de navigation dans lequel le lecteur va piloter en fonction des incitations et envies. Ne lui rendez pas la navigation compliquée, aidez-le à progresser. Il en tiendra compte dans son jugement envers votre contenu éditorial.

[...]

Pas de texte sur Internet sans liens hypertextes. Internet a popularisé la culture du fragment, sachez vous en servir.

Le lien hypertexte est un indicateur informel de la générosité d’un rédacteur. En proposant des pistes d’approfondissement au lecteur, il démontre ainsi un effort louable d’ouvrir de nouvelles voies d’exploration."

 

26/1/2008

[ Eliot, une bouse logicielle ? ]

Classé dans : — joel ronez @ 11:47

On sait pas tout sur l’histoire Jerôme K. Mais ce qui semble se profiler, c’est qu’Eliot est un système de busard. Ou bien qu’on a oublié qu’il était utilisé par des salariés faillibles.

Eliot, c’est le nom du système informatique central du marché dérivé action. Il a apparemment l’air aussi efficace pour éviter les risques de courtage qu’Echelon pour empêcher le 11 septembre. Je vous conseille ce passionnant billet de professionnel de la finance, et surtout les nombreux commentaires de spécialistes, dont celui-ci :

J’ai bossé sur Eliot pendant 3 ans, et c’est très simple de prendre un login dans une macro Excel pour insérer une nouvelle contre-partie. La première faille est là. JK a juste récupéré de cette manière des logins car les traders sont toujours attachés à leurs macros, ils ont des équipes de dev dédiés appelés "Commando" qui leur font des macros sur mesure, et les login/password sont en clair dans le code. Pas besoin d’avoir les droits DBO sur la base de données Eliot pour faire des insertions. Pour l’insertion dans BDR, ca ne doit pas être très difficile non plus.

On a un peu parlé avec des gars de SAS (support Eliot), et ils nous ont confirmé que c’est bien ce qu’il s’est passé. Personne n’avait pensé qu’un opérateur pourrait monter un truc pareil, les controles servent à encadrer les opérations et à remonter les risques, pas à detecter les psychopathes en salle.

Tout est dit. Le système n’a pas été prévu pour détecter qu’un jeune trader n’avait pas pris de vacances depuis 2 ans, ni qu’il venait du back-office et avait conservé relations et savoir-faire, et que les login se baladent sur des feuilles excel à la con. Normalement, ça, c’est le boulot des humains, des chefs. Pour ça, normalement, ils perçoivent jusqu’à 10 millions d’euros par an

Mais apparemment, ça n’était pas assez pour s’apercevoir qu’un gars avait pris des positions frauduleuses sur un montant similaire au PIB du Maroc

(sur les blogs d’experts, voir la bonne analyse d’Alain Johannes). 

MISE A JOUR  : je viens de lire le dernier commentaire du billet en question, rien à dire. Le voici in extenso, j’ai graissé les points d’intérêts :

Comment un système informatique supposé contrôler que les employés ne font pas de bêtises peut-il se satisfaire de ne contrôler que la somme des positions fictives et de ses positions réelles et de vérifier qu’elle est nulle, au lieu de calculer la somme des positions réelles, la somme des positions fictives, et d’envoyer une alarme si l’une ou l’autre de ces sommes dépasse la moyenne des sommes des positions réelles et fictives d’autres opérateurs ayant la même limite de 20 millions je crois?

D’autre part, les comment se fait-il que les comptes utilisateurs de Jerome Kerviel (" logins qu’il aurait gardés" n’aient pas étés révoqués lors de son départ du département back office, ou bien les privilèges associés à ces comptes abaissés ?

Comment, alors que l’inputabilité se doît d’être une caractéristique d’un système d’information sécurisé, est-il possible sinon que des opérations effectuées avec ces anciens comptes n’aient pas déclenché des alarmes ?

Alors que les banques se servent couramment des données collectés sur les opération effectuées par leur clients afin de détecter des anomalies dans l’utilisation de leurs cartes/comptes, comment ce fait-il que des logiciels de gestion de risque ne comportent pas de dispositifs de ce type compte-tenu des sommes en jeu ?

Pour finir, quelle est la société qui a développé ces logiciels ?

 

 

 

21/1/2008

[ La Taxe à la con (TALC) ]

Classé dans : — joel ronez @ 3:45

…tout ça pour poursuivre la série des acronymes à la con.

Les gens qui s’occupent du destin de ce pays ont trouvé un truc pour financer leur politique sans augmenter les impôts : les prélèvements forfaitaires au jugé, appelés également "taxes à la con" (TALC).

L’exemple du jour : la taxe sur les hotels pour financer le patrimoine. Dans le même genre, on a eu aussi la taxe sur Internet pour financer la télé publique. Dans le registre encore plus clownesque, on avait eu aussi il y a longtemps la suppression de la Pentecôte pour financer les vieux.

Alors que la gauche a depuis longtemps decrêté son monopole sur les charges sociales et les impots, la droite est en train de faire de la TALC une vraie spécialité. Il est vrai que taxer la consommation est organiquement une vraie politique de droite. Pourquoi ? Parce-que la taxe s’exerce sans rapport avec les revenus, et par définition pèse moins sur les ménages à fort revenus que chez les pauvres (enfin presque : elle part de l’idée primaire que les trucs chers sont achetés par des gens riches, et que plus l’objet est cher donc plus la taxe est importante, donc c’est progressif, vous me suivez? ).

C’est d’ailleurs pourquoi le gouvernement, après des amnisties fiscales, des plafonnements, des baisses de seuil d’impots, etc. tente de nous ramener sur le tapis une hausse de TVA (appelée putassiérement "sociale"). Et que croyez vous que ce soit, le "T" de TVA ?

Le cahier des charges d’une bonne Taxe à la con (TALC):

- elle doit être affectée précisément à un truc, et plutôt à une bonne cause (les vieux, les malades, les bouilleurs de cru, les chefs d’oeuvre en péril, Patrick de Carolis, etc.)

- elle doit porter sur un secteur en rapport, même ténu, avec le sujet. Au besoin, on fera appel à un postulat arbitraire bidon (les gens qui profitent des monuments historiques vont dans les hotels, ceux qui ont Internet regardent des émissions avec, etc.)

- elle doit être "infinitésimale" (en gros, quelques piécettes par rapport au service ou bien sur lequel elle s’exerce). Au niveau macro-économique, c’est toujours moins de pouvoir d’achat, mais l’électeur, lui, ne voit pas la différence. 

- elle doit être temporaire (au moins les 25 premières années)

Je me permet donc de venir au secours du gouvernement qui s’évertue à la quadrature du cercle fiscale pour lui suggérer des nouvelles idées de taxes :

- une taxe sur le PQ et le Canard WC pour financer le retraitement des eaux usées

- une taxe sur le fromage, le beurre et la charcuterie pour financer la lutte sur les maladies coronariennes

- une taxe sur les sodas, pour financer la lutte contre les alcools qui y sont mélangés

- une taxe sur les costards bien coupés pour financer ceux de Nicolas Sarkozy

- une taxe sur les idées pour financer les honoraires de consultants de son gouvernement 

Si vous avez des idées, vous pouvez exercer votre mauvais esprit plus bas dans les commentaires…

 

 

17/1/2008

[ Pendant le cours ]

Classé dans : — joel ronez @ 10:58

Les étudiants d’avant jouaient à la bataille navale, faisaient leurs exos pour le cours d’après ou s’envoyaient des petits mots. Ceux de 2008 prennent des photos du prof (qui comme ses illustres aînés fait semblant de ne pas voir).

joel ronez, cours a escp-eap ms medias

Par Julia, future diplômée du mastère médias ESCP-EAP, où j’interviens sur les médias en ligne.

Une nouvelle pièce à rajouter donc à ma collec de photos de moi en train de parler à des gens devant un tableau (voir aussi , ou mais pas là, car ça n’a rien à voir). 

16/1/2008

[ Modération ]

Classé dans : — joel ronez @ 2:00

Suite à quelques difficultés passagères le mois dernier, j’ai renforcé les outils anti-spams. Cela marche même un peu trop, puisque quasiment tous les commentaires sont modérés a priori. Dès que j’ai 5mn, je règle la molette. En attendant, vous vexez pas, hein ?

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