En 2007, on a enfin vu apparaître des pratiques de journalistes qui vivent le web.
Au web 3, j’ai fait la connaissance d’Alice, journaliste émérite à 20 minutes.fr, avec qui nous avons hanté le buffet (elle a réussi a avoir de la raclette, pas moi). Alice pratique une forme de journalisme que je qualifierais de contemporain : elle mène des interviews via Twitter (auxquelles je réponds, en râlant, par la négative comme certains) qui font ensuite des bons papiers, ou s’intéresse à des choses de la vie numérique toutes bêtes mais qui font des vrais sujets.
Cet article sur les “status line” est le prototype de sujet qu’on ne trouvait il y a peu uniquement dans les blogs, et qu’on peut lire maintenant dans ce type de medias en ligne d’information populaire, grâce aux journalistes qui utilisent leur agilité numérique pour travailler (et aussi un peu grâce à des redac chef qui essaient de parler l’Internet fluently, bravo Johan).
On n’en est qu’au début, tout est à inventer : les formats, les sujets, les technos, les outils, les codes, les modes d’organisation etc. Vous n’imaginez même pas à quel point le lecteur passionné d’écrit que je suis se joint complaisamment au consultant spécialisé en média et avisé que je suis aussi pour se pâmer de joie devant une année 2008 qui s’annonce abondante…
Lors d’un récent séminaire que j’ai animé pour la rédaction de L’Express.fr, j’avais notamment insisté sincérement sur les raisons qu’un journaliste web avait de se réjouir (plutot que de déprimer en déplorant qu’on lui faisait faire le SR du papier, ou du bâtonnage de dépêches).
Mon avis est d’une part qu’Internet est un moyen unique dans l’histoire de la profession pour collecter des informations différemment, choisir et trouver des sujets, des angles, recouper et obtenir des données. Et d’autres part qu’Internet représente un champs à investir, notamment dans la possibilité qu’on a à trouver des informations qui n’existent que grâce à ce média (impossible de retrouver sur le site du Parisien le magnifique contre-exemple du dossier de mercredi : “Internet : la menace” ou un truc comme ça… avec deux pages de ragots purulents et putassiers sur des pédophiles, des nazis et des arnaques à la carte bleue en veux-tu en voila, indigne du titre…).
Il y a effectivement des bonnes raisons d’être optimistes. Pour être intervenu au CFJ, j’étais dans un premier temps étonné par leur conformisme, et on en avait même parlé ensemble, on s’était même bien engueulé en cours. Lors du Web 3, ils ont tenu un journal en ligne, et se sont confronté au direct. Lors du debrief, j’ai notamment reproché la difficulté qu’ils avaient eu à s’inscrire dans une bonne temporalité (en gros : ils ont fait des bons articles papiers, mais ne nous ont pas fait vivre l’évènement, n’ont pas exploités les possibilités du direct,). Mais j’ai adoré leur fil Twitter (alors que pendant les cours, je m’étais fait moquer avec mon tchat en moins bien, et que ça avait tourné à la récré…) et j’en aurait lu d’avantage. Et la plupart sont d’accord pour dire qu’ils ont pris leur pied à bosser en ligne, avec de l’adrenaline, de la bidouille, de la débrouille, mais une façon différente de vivre l’information.
Rappel : [Cup Of Tea] tient un wiki de veille sur les formats éditoriaux innovants. C’est par la, et vous pouvez jouer vous aussi.
Pas de conclusion, je vais faire le diner de Noël de [Cup Of Tea] avec quelque convives choisis de mon environement professionnel, tout de suite là maintenant.
J’en profiterais pour boire à votre santé, chers et fidèles amis lecteurs. Que 2008 vous rende beaux, charmants, intégres, généreux, omniscients, attentifs, jouisseurs, joviaux, productifs, fiables, inteligents, drôles, créatifs et créateurs.
Et que vos verbes soient en joie.